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This Day in History

Quotation of the Day

samedi 27 mars 2010

Mieux vaut la cacophonie qu’une gouvernance européenne !


«Où que vous trouviez un gouvernement efficace, vous êtes en présence d’une dictature.» Harry Truman

Les trois raisons inavouables de Paris pour un accord

Après trois mois de harassement des cigales méditerranéennes, la fourmi allemande a finalement obtempéré à leur injonction. Sans surprise, Paris se réjouit de cet accord bancal pour trois raisons. La première, pour rassurer la gauche à propos de notre légendaire générosité, c’est de donner un peu d’oxygène à la cigale grecque qui en a tant besoin. La seconde, peut être plus importante que la première, tient au caractère altier et susceptible du coq empereur dans sa basse-cour. Elle consiste à entretenir l’illusion que l’union monétaire va survivre à la crise. Rien ne le hérisse davantage que la critique des monétaristes et qui peut se résumer par la formule suivante : «On vous avait prévenu que l’euro est une chimère !» (1) et (2) L’histoire est en train de valider le diagnostic que j’avais établi, très tôt, en 1997. (3) La troisième, franchement non avouable à l’opinion publique française, est qu’il fallait absolument trouver un accord, bon ou mauvais, pour empêcher que le coq ne soit, un jour, victime des requins qui rôdent en Méditerranée. Mission accomplie, provisoirement, par Paris, qui s’y entend comme personne, pour entraîner à la table de négociation le plus retors.

Une victoire à la Pyrrhus

Comme l’écrit Philippe Herlin sur son blog (4), cet accord ne règle rien. C’est uniquement pour cette raison que la fourmi a bien voulu le signer. Dans son éditorial hebdomadaire (5), Alan Abelson vient de résumer, à sa façon, cet accord de dupes : « En contraste frappant de l’aigre dispute, les négociations à Bruxelles menées par l’Allemagne et la France pour venir en aide à la Grèce furent un modèle d’altruisme. La France insistait pour que l’Allemagne eût le privilège de casquer pour les autres, l’Allemagne répliquait généreusement que cet honneur fût réservé au F.M.I, et la Grèce disait, gracieusement, qu’elle se foutait qui casquerait les 20 milliards d’euros dont elle avait besoin, à condition que l’intérêt à verser fût de moitié celui du marché. A la fin, dans un remarquable étalage de civilité, les parties se mirent d’accord pour partager le plaisir, mais seulement en dernier ressort. Avec un délicat respect pour l’obscurité, que le code diplomatique classe secondaire après un grand raout organisé aux frais du contribuable, « le dernier ressort» ne fut pas défini. Une interprétation bénigne pourrait être « un jour, peut être…», fut plus qu’assez pour rassurer les marchés de part et d’autre de l’Atlantique. Mais n’importe quoi, en dehors d’une guerre nucléaire, eût été suffisant pour rassurer les marchés, et même cette éventualité, n’aurait fait que déclencher une course folle pour acheter des actions de société nucléaire. »

Ce dernier commentaire devrait consoler madame Lauvergeon, qu’une rumeur en provenance de l’Elysée dit qu’elle serait sur le départ de son poste de présidente du groupe nucléaire AREVA. On ne versera pas de larmes de crocodile pour celle qui a osé déclarer, lors de son passage au journal télévisé de 20h sur France 2, le 16 octobre 2009 : « A compétence égale, et bien, désolé, on choisira la femme, ou l'on choisira la personne venant d'autre chose que le mâle blanc, pour être clair. » (6) Un gouvernement honnête aurait pour priorité d’abroger la HALDE, cette institution maléfique qui ne fait qu’aggraver la « fracture sociale » dont Chirac nous avait rebattues les oreilles.

Son successeur, qui se disait en rupture, n’a rien fait pour y remédier. L’avertissement, lancé par les abstentionnistes aux élections régionales, a été mal interprété par la gauche dogmatique qui rêve d’une victoire en 2012. La vraie droite a un vrai problème avec son président. Elle a du mal à lui faire entendre qu’il ne doit pas se représenter et qu'il doit laisser la place à un candidat à droite qui ferait la rupture avec le socialisme qu’il n’a pas voulu réaliser malgré ses promesses électorales. Tel est le débat qui doit être engagé sans tarder. Les masques vont tomber. Si Villepin s’est déjà déclaré, il n’a pas le profil de l’emploi. Ce n’est pas avec un énarque que l’on réglera les innombrables problèmes créés par la caste à laquelle il appartient.

Le contribuable n’est jamais invité à la table des négociations

Il faut se réjouir de cet accord bancal. Rien ne serait pire qu’une aide directe en faveur de la Grèce car les agences de notation réagiraient immédiatement. Si le gouvernement français s’intéresse beaucoup à la Grèce, en ce moment, il se moque éperdument de l’avis du contribuable qui est, faut-il le rappeler, totalement absent de ce débat surréaliste alors que c’est pourtant lui qui devrait payer l’addition salée qui hypothèque sérieusement son avenir et celui de ses enfants.

En Allemagne, le Freie Demokratische Partei (FDP) est le seul parti à se préoccuper vraiment du sort du contribuable ; les autres ont une vision collectiviste ou social-démocrate comme il vous plaira, peu différente de l’Union pour la Majorité (UMP) en France. C’est en raison de sa position critique dans la coalition gouvernementale que le FDP a empêché une aide directe à la Grèce. Aucun parti français n’a émis la moindre réserve à cet accord ! C’est consternant.

Des décisions des agents économiques et de leurs conséquences

Puisque les marchés sont mondialisés, il faudrait mettre en place une gouvernance mondiale des marchés, nous déclare textuellement la gauche. La suspicion du marché est telle qu'une coopération des États est nécessairement bonne en soi alors que celle d'entrepreneurs est toujours considérée d'un mauvais œil. On parle, à leur propos, de cartel ou de mafia pour exploiter les travailleurs, d'entente illicite ou d'abus de position dominante pour rester plus policé.

Rappel des faits pour éclairer les esprits matraqués par la propagande.

Le capitalisme honni est un système d'organisation spontanée des individus reposant sur le respect de la propriété privée et la liberté des contrats. A l'inverse, l'économie dirigiste ou collectiviste repose sur les violations multiples du droit de propriété et sur l'exercice quotidien de la violence étatique à travers la réglementation et la fiscalité. Dans un marché parfait, les ménages et les entreprises prennent des décisions à l'aune de la liberté des prix et de la transparence de l'information. Ces décisions comportent toujours un risque qui se traduit par un gain ou par une perte. Le marché n'est qu'un processus ininterrompu de décisions prises par des millions d'agents économiques. Une mauvaise décision se solde donc par une micro-erreur. A l'inverse, lorsqu'un législateur "omniscient" (un énarque pour ne point le citer) veut imposer une réglementation pour modifier le comportement "détestable" de certains agents économiques ou pour avantager une clientèle ciblée au détriment de l'ensemble des agents économiques, il ne se pose jamais la question que se posait toujours notre maître à penser Frédéric Bastiat, à travers le dilemme suivant : "ce que l'on voit et ce que l'on ne voit pas." Une mauvaise décision d'un agent économique peut provoquer une micro-erreur qui sera vite corrigée. A l'inverse, une réglementation nationale peut provoquer une macro-erreur en se plaçant sur le terrain de la macro-économie si chère à nos indécrottables néo-keynésiens. Pire, une gouvernance mondiale comme le G20 qui veut combattre, par exemple, les paradis fiscaux qui ne sont en rien responsables de la crise, engendrera une mega-erreur dont souffriront, non pas des millions, mais des centaines de millions d'agents économiques. C'est une épargne abondante à travers un système de retraite par capitalisation qui permettra le retour de l'investissement et de la croissance en Europe et non pas une super taxation de celle-ci pour la survie artificielle de l'État-providence qui est la cause d'un appauvrissement généralisé.

L’homo economicus d’outre-Rhin est préférable à l’homo politicus zonard parisien

Si une gouvernance européenne devait remplacer, un jour, l’omnipotente et détestable technocratie bruxelloise, il vaudrait mieux qu’elle s’installe à Berlin qu’à Paris, dans l’intérêt de tous les Européens confondus.

Si j’étais à la place d’Angela, je tiendrai le langage de vérité suivant aux cigales : «Ou bien vous adoptez, comme nous, dans votre constitution, la règle de l’équilibre budgétaire, ou bien c'est que vous espérez vivre éternellement à nos crochets et nous retirons nos billes.»

Alain Dumait a rappelé cette évidence soigneusement occultée par Paris : « Sans l’euro, la monnaie de l’Allemagne vaudrait plus cher, la balance des paiement de ce pays se rééquilibrerait et les Allemands seraient encore plus riches. A l’inverse, sans l’euro, la monnaie de la Grèce aurait dû être dévaluée, et les Grecs en eussent été appauvris. D’ors et déjà, via l’euro, les Allemands payent pour la Grèce. Et aussi pour tous les pays en déficits, France comprise. » (7)

Jean Giono, citoyen de ma ville natale de Manosque, disait, en 1937, qu’il préférait être un Allemand en vie qu’un Français mort. S’il avait tort dans le contexte historique de son époque avec le péril du parti ouvrier allemand national-socialiste (8), il aurait raison aujourd’hui. Mieux vaut être gouverné par un Allemand scrupuleux que par un Français roublard !

(1) « L’Euro made in USA » par Pierre-Antoine Delhommais, Le Monde du 27 mars 2010

(2) Archive du 14 mars 2009 « l’Euro est une chimère »

(3) Archive du 1er mars 1997 « Euro versus Dollar »

(4) « Un accord qui ne règle rien » par Philippe Herlin, 26 mars 2010

(5) Red Flags over China par Alan Abelson, Barron’s magazine du 27 mars 2010

(6) http://www.bloc-identitaire.com

(7) « De la crise grecque à la crise systémique globale » par Alain Dumait, le 21 mars 2010

(8) Dans le tome Un de Mein Kampf, Adolph Hitler donne le nom exact de son parti à sa naissance, en 1919, Deutsche Arbeiterpartei (DAP), qui deviendra, l’année suivante, Nationalsozialistiche Deutsche Arbeiterpartei (NSDAP) La propagande l’a volontairement déformé sous le vocable de « nazi » pour faire oublier que c’était, avant toute chose, un parti ouvrier et socialiste. Aucun parti se réclamant du capitalisme n'a pourtant fait le centième ou même le millième de victimes que ceux se réclamant du socialisme. C'est une vérité qu'il faut marteler à la gauche.

samedi 20 mars 2010

La propagande keynésienne s’essouffle


Pascal Salin est un économiste français iconoclaste dont la France a tant besoin pour la sortie de l'ornière socialiste



«Les faits ne cessent pas d’exister parce qu’ils sont ignorés.»
Aldous Huxley

L’abstention des électeurs

L’abstention victorieuse au premier tour des élections régionales devrait se confirmer au second. Pour les tenants de l’école autrichienne, c’est un signal encourageant que la majorité des Français ne font plus confiance au président de la République, à son gouvernement et aux partis d’opposition, même si ces derniers se réjouissent de leur victoire à la Pyrrhus.

La majorité silencieuse est en train de réaliser qu’elle a été bernée. Elle rumine de mauvaises pensées. Qui pourrait la condamner ? Une minorité fera peut être l’effort de comprendre pourquoi un plan de relance keynésien ne fait qu’aggraver le mal. Mais, pour la majorité des sceptiques et des fainéants qui attendent toujours la becquée, c’est la triste résignation après les promesses non tenues du président de la République.

Il fallait oser se poser en défenseur du pouvoir d’achat. Il l’a fait ! Mais il ne suffit pas d’avoir du culot et du bagout pour se sortir d’une crise aussi grave. Comme le disait Abraham Lincoln, qui est le plus grand président des États-Unis après George Washington, on peut tromper certains tout le temps, on peut tromper tout le monde un certain temps mais on ne peut pas tromper tout le monde tout le temps.

La propagande trouve ses limites…

Voici ce qu’écrivit, en 1924, un grand expert dans sa cellule de la prison de Landsberg am Lech. «La faculté de la grande masse n’est que très restreinte, son entendement petit, par contre, son manque de mémoire est grand. Donc toute propagande efficace doit se limiter à des points fort peu nombreux et les faire valoir à coups de formules stéréotypées aussi longtemps qu’il le faudra, pour que le dernier des auditeurs soit à même de saisir l’idée. Si l’on abandonne ce principe et si l’on veut être universel, on amoindrira ses effets, car la multitude ne pourra ni digérer ni retenir ce qu’on lui offrira.»

Cet intérêt particulier de l’auteur était né d’une frustration. «Mais c’est seulement, pour la première fois, au cours de la guerre, que je pus me rendre compte à quels prodigieux résultats peut conduire une propagande judicieusement menée. Ici encore, toutefois, il fallait malheureusement tout étudier chez la partie adverse, car l’activité de notre côté restait sous ce rapport plus que modeste. Mais précisément l’absence complète d’une propagande d’envergure du côté allemand devait crûment sauter aux yeux de chaque soldat. Tel fut le motif pour lequel je m’occupai encore plus à fond de cette question.» (1) Pour l’ancien combattant intrépide, la défaite était imputable, en partie, à la répugnance des autorités politiques de son pays de recourir à cette arme psychologique que magnaient si habilement les Alliés, et notamment, l’Angleterre, pour saper le moral de l’armée impériale allemande.

Une brèche vient de s’ouvrir dans la forteresse de la pensée unique

Dans sa chronique hebdomadaire (2) Pierre-Antoine Delhommais se livre à un exercice périlleux en répétant des contre-vérités et en dévoilant quelques demi-vérités à un lectorat passablement déboussolé. Parmi les contre-vérités pour mettre d’abord en confiance son public, il écrit : «la crise, qui a vu le retour de l'Etat et du politique à la faveur de la défaillance du "tout marché". L’État n’est jamais parti car il est omniprésent dans le fonctionnement de l’économie. Ce journaliste érudit n’a pas lu le dernier livre de Pascal Salin «Revenir au Capitalisme.» (3) Voici ce qu’écrit cet auteur pestiféré : «Les théories économiques qui se contentent d’une approche globale des problèmes – en particulier la théorie keynésienne ou la théorie monétariste – sont largement incapables d’expliquer la crise, contrairement à la théorie autrichienne des cycles. » Puis, le journaliste se lâche : «D'où aussi ce sentiment de la France d'en bas que les élites la trompent et se moquent d'Elle en lui racontant des fariboles. Par exemple en lui répétant sur tous les tons, indices boursiers à l'appui, que le pire de la crise est passé, alors qu'Elle continue, de son côté, à vivre dans le cauchemar…. En vérité, les hommes politiques n'ont aujourd'hui guère d'autre choix que le mensonge, au moins par omission, s'ils veulent assurer leur propre survie. » Il se montre vraiment audacieux à la fin : «Françaises, Français, Ne vous lamentez pas trop sur votre sort actuel, car le plus dur reste à venir. D’abord le chômage ne va pas baisser. Vous allez devoir travailler plus longtemps pour espérer toucher une retraite à peine décente. Avec une protection sociale réduite, car l’Etat providence, étant donné notre niveau de dette publique, c’est terminé.»

Approuvé par la rédaction de son journal, ce papier va sans doute marquer les esprits. Il faut se réjouir de cette prise de conscience tardive de la nomenklatura. La semonce de l’agence de notation Moody de faire perdre le triple AAA à la France n’est pas étrangère à ce brutal atterrissage. Ce n’est pas nos petits commentaires personnels sur la toile qui pouvaient faire bouger la ligne de front. Ne boudons pas notre plaisir de cette brèche enfin ouverte qui sème la zizanie dans le camp de l’ennemi socialiste. Mais cette victoire a un goût d'inachevé car ce journal d’opinion se refuse à admettre que c’est le trop d’État (banque centrale) et de réglementation ubuesque (Community Reinvestment Act signé par le président Carter en 1977) qui sont à l’origine de la crise immobilière américaine que nous subissons de plein fouet. Patience ! La vérité finira bien par sortir un jour de la bouche de nos ennemis sous la pression du peuple courroucé.

Quelques auteurs rébarbatifs comme Ludwig von Mises (Socialism), Friedrich Augustus von Hayek (The Road to Serfdom), Murray Rothbard (America’s Great Depression), ou d’autres plus digestes comme Henry Hazlitt (Economics in One Lesson) ou Thomas Woods (Meltdown), sans oublier les articles quotidiens mis en ligne par le site http://mises.org/ (Pascal Salin les cite abondamment dans son dernier essai), devrait permettre à un public curieux de comprendre les origines de la crise.

La situation des Français est grave mais pas désespérée. Il leur faut tout simplement une autre élite que celle formatée à l’ENA pour leur dessiller les yeux. Pascal Salin écrit ceci : «Compte tenu des préjugés de l’opinion, on image mal que les hommes politiques annoncent, comme ils auraient pourtant dû le faire, qu’une économie libre implique qu’on soit responsable et donc que l’on prenne soi-même en charge le risque de faillite.» Après trois mois de harassement, la fourmi Angela a franchi le Rubicon du politiquement correct en proposant d’exclure de l’Euroland toute cigale qui bafoue sans cesse les règles en vigueur du pacte de stabilité.

Reconstituer l'épargne est un préalable à une reprise de la croissance économique

Il est piquant que les Américains aient invité José Pinera, l’ex-ministre du Travail du général Pinochet. Avec son style direct et franc, il s’est exprimé, le 22 février 2010, sur la grande chaîne d’information Fox News. (4) Il leur a dit, sans ambages, qu’ils allaient faire banqueroute, en 2017, s’ils ne suivaient pas son conseil d’abandonner leur cher État-providence inventé par Otto von Bismark et de le remplacer par un plan de retraite par capitalisation sur le modèle qu’il a créé pour son pays (le Chili) le 1er mai 1981.

Cette réforme des retraites est indispensable pour reconstituer rapidement l’épargne détruite par les néo keynésiens qui se sont succédé à la Maison Blanche. Si la Chine enregistre une forte croissance économique, elle ne le doit pas tant au travail forcé des enfants, au yuan sous évalué, à son mépris des droits de l’homme et de l’environnement, mais au fort taux d’épargne de ses ménages. Il n’y a pas de capitalisme sans épargne préalable ! Comme le marxisme, le keynésianisme est une énorme escroquerie intellectuelle. «Plus le mensonge est gros, plus il passe» écrivit Joseph Goebbels.

José Pinera avait choisi la fête du travail pour faire comprendre à ses compatriotes que sa réforme était d’abord dans l’intérêt des « travailleurs. » A quand une émission avec José Pinera sur une grande chaîne française pour lancer le débat sur la réforme des retraites à laquelle veut s'atteler le président de la République ?

(1) « Mein Kampf » 1924, d’Adolf Hitler

(2) « Françaises, Français, si vous saviez », Le Monde du 20 mars 2010

(3) « Revenir au Capitalisme » 2010, de Pascal Salin

(4) archive du 16 mars 2010

mardi 16 mars 2010

La banqueroute des Etats-Unis en 2017


Jose Pinera vient de me faire part de l'entretien qu'il a accordée à la télévision américaine Fox News. Voici le transcript en anglais. La video est disponible sur http://www.youtube.com


FOX Business Network’s Brian Sullivan speaks in this interview with famed economist and former Chilean Labor and Social Security Minister Jose Pinera about the Social Security problem in the United States. According to Pinera, in seven years we will be facing a deficit in entitlement accounts.

Pinera on U.S. $100 Trillions Debt Problem

Here is the interview’s Transcript : Courtesy of Fox Business Network

BRIAN SULLIVAN, FBN ANCHOR: We are very honored to be joined by Jose Pinera. He is the founder of the International Center for Pension Reform. He is the former labor and social security minister of Chile and a distinguished senior fellow at the Cato Institute. Up from Santiago into D.C., which is where we are. Jose, it’s a pleasure. Thank you very much.

JOSE PINERA, FOUNDER, INTERNATIONAL CENTER FOR PENSION REFORM: Good morning. Thank you very much, Brian.

SULLIVAN: Last week, we hit hard on the program the latest Pew Center study showing that states have about a trillion dollars gap in their — just state — pension plans. How do we solve that?

PINERA: Well, that is a very serious problem and I’m extremely worried about all the debt America has.

But you have a much bigger problem, Brian. You have a 100 trillion-dollar problem. Look, this is something published by the American government, saying that the present value of the obligations on health and Social Security amount to a 100 trillion dollars…

SULLIVAN: OK, wait a minute. We were talking about 3-point-something trillion, 1 trillion underfunded. You are saying we have 100 trillion dollars. Where is that number coming from? How do we get to 100 trillion?

PINERA: This comes from the government. This is not recognizing the public debate, but this is the real debt of America. This amounts to 700 percent of GDP. This is a gigantic liability that basically you are legislating and will be paid by your children and your grandchildren.

SULLIVAN: Let’s walk through what that is, OK? Because these are new numbers. These are big numbers. These are coming from the CBO, correct?

PINERA: These are coming from government, from the U.S. government. These are net, liabilities of the health, Medicar,e and Social Security system. This is the present value of what Americans will have, one way or another, to pay, unless they default on their obligation to the citizens.

And that is the future. And I’m extremely worried because it is like you are passengers in the Titanic. The Titanic is going towards the iceberg of aging populations. The populations that feel entitled to all the huge benefits that the politicians have promised the people. But they have not funded the benefits for the future. So how are you going to pay them? That is the big issue. The big domestic problem facing America.

SULLIVAN: One of the big stories today is the president unveiling his own healthcare plan. On this piece of paper, again from the CBO, $35 trillion in hospital insurance for current and future. $34 trillion for Medicare Part B, about $18 trillion for drug benefits and Social Security.

So, actually Social Security, which we’re going to talk about later on — that is actually a big hole, but it’s smaller than health care. How are we going to pay for this? How does the U.S. cover a 100 trillion dollars, Jose?

PINERA: Brian, the problem is what I call the entitlement state. The problem is that there is gigantic disconnect between what people want the government to pay them in the future, in health pensions, and what the people want to pay in tax. And because the entitlement state is based on promises for the future, you don’t have to pay it today.

This is growing, because to win elections, politicians offer benefits to people that will be paid in the future. So, this big hole is not only a problem in America. It’s exactly the same problem in Greece today, in southern Europe, eventually in France, in Germany. The West will go bankrupt until and unless you reform deeply the entitlement state. This was created by Prince Bismarck (ph) in the 19th century. You are all prisoners of Prince Bismarck (ph). Prisoners of a system…

SULLIVAN: Otto von Bismarck?

PINERA: Yes.

SULLIVAN: Because he created…

PINERA: He created the unfunded tax-and-expense system. You said, he simply said if you tax workers a little, we can pay the pensions. But then the unintended consequences has been with the aging of population and the extended life, you have been accumulating this huge liabilities that eventually be bankrupt the government. A huge fiscal crisis is coming to the West unless you face it and confront it directly by completely changing the entitlement estate. That’s the root of the problem.

SULLIVAN: I want to get more on Social Security in just a bit. But for pensions — OK. State and federal pensions. The gap between retirement ages between private and public is growing wider. The gap between the amount of money being given in pensions is growing wider.

How do we just solve the pension crisis on government workers, federal and state? And is it unsustainable as it is?

PINERA: It is totally unsustainable. You either will have to raise taxes big-time in America, or you will have to cut benefits. But it’s extremely difficult to do that in a system in which you have people entitled to all these things.

That’s why what we did in Chile was to completely change the logic. In Chile, you save for old age. In Chile, we have sort of a Benjamin Franklin system, you see. You remember Benjamin Franklin, the thirteen virtues? You should save for the future, you should be self-reliant. We have instilled a culture of personal responsibility and saving.

Of course, we also have a safety net for the very poor. But 80, 85 percent of the population will finance their old age, health and pension with their own personal savings.

SULLIVAN: We are going to take a quick break, Jose. We will come back and talk about what you did in Chile, and what we might have to do here. Look at some of the pretty scary numbers around Social Security. And also what we can do about it.

Will the Chilean plan work here? How does it work? We are going to learn as we continue part two of our exclusive interview with Jose Pinera, right after this.

(COMMERCIAL BREAK)

SULLIVAN: Welcome back. I’m Brian Sullivan in Washington, D.C. today, and I am here because we are being very privileged to speak to Jose Pinera. He’s the architect of Chile’s Social Security reform. He’s the former labor and Social Security minister and the founder of the International Center for Pension Reform. It is an exclusive interview.

Jose, we’re very happy to have you. Listen, although some of the numbers you are throwing around are pretty frightening, there have been — there’s a lot of debate in this country about whether or not our Social Security plan, our system is going to be there for people that are if their 20s and 30s. There’s a big debate about whether or not we will be solvent by 2040. Do you believe that the U.S. system as it is now can be solvent decades from now?

PINERA: Clearly not.

SULLIVAN: Clearly not.

PINERA: Clearly not. In only seven years, the Social Security system will begin to have a deficit. That is more money will have to be spent than money coming in.

And then you will face the very hard choices. You will probably have to increase the retirement age. You will probably have to increase payroll tax. You may have to cut benefits, unless you change the paradigm and you go to a system of personal accounts.

Personal accounts is very simple. You save for old age. And that saving gets accumulated rate of return, so you benefit from that extraordinary force of compound interest. When you reach 65, you are going to look whether the government is deficit or in surplus, you look at the balance of your account, and with that, you buy annuity for your life.

It is a system we had all over the world before Otto von Bismarck, a Prussian chancellor created this monster of the unfunded welfare estate that is bankrupting Europe and eventually the U.S.

SULLIVAN: That’s the problem with Social Security, right? Is that we are using money now. Instead of me saving for myself, the money that is taken out of my paycheck, out of everybody in this room’s paycheck, is being paid to current beneficiaries. You have described that as a Ponzi scheme.

PINERA: That is a Ponzi scheme. You could even call it a Madoff scheme.

SULLIVAN: Hopefully, the money is real somewhere.

PINERA: No, there is no money being saved for the future. There is no funding. There’s no trust fund. You are paying the money immediately to the retirees, and the problem is that with Baby Boom generation retiring, with the expectancy of life increasing every single year because of your great doctors and researchers, you will not be able to pay the promises.

So, the system will eventually default. Technically default in the sense that you will have to break the promises to the people, and that may create a lot of pain and a lot of anguish. That’s why you have to look into the future, do the responsible thing and begin moving towards a system of personal accounts. It’s the only long-term solution.

SULLIVAN: Seventy-one million people will be 65 in this country by 2030. 330 people turn 60 years old every hour right now. But they are expecting benefits. How would we implement a system like yours with everybody already expecting the current system to be there for them?

PINERA: The first decision that I took as secretary of labor and Social Security of Chile was to guarantee the benefits of the elderly. I call it we are not going to take your grandmother check away. We will find a way to protect the elderly.

So, the system has to be changed for the young people, for the future that are coming into the labor force or are already in the first years of the labor force. And the moment you change the dynamic and people begin to know that if they save more, they work more, they will get a better pension out of their own saving, then the whole system begins to…

SULLIVAN: Here’s the criticism will be that we are at 11-year flat line for the stock market. That if you have your money in the stock market for 11 years, you are basically flat. That’s what people will say. That the stock market has proven that it is not a wealth creator. At least in the short-term.

PINERA: The stock market is today the Dow Jones is around 10,000.

SULLIVAN: 10,300.

PINERA: Do you know how much it was when we began our system in Chile 30 years ago?

SULLIVAN: Thirty years ago. 1980 — 2 grand. Dow 2000.

PINERA: 900. The Dow Jones was 900. So — if you had began your system at the same moment that Chile began, you would have benefited enormously from the stock market.

SULLIVAN: Tenfold gain.

PINERA: OK. And you don’t have to put all the money in the stock market at all. We don’t put it all. You can have a very diversified portfolio of corporate bonds, of mortgages, of government bills (ph), of stocks international — you have to be very prudent with long-term management. That’s how we have been in Chile, and that’s why we have been able to give workers a rate of return of 9 percent above inflation for 30 years compounded.

So, the system works because in the long run, you see your economy is so strong. I do believe in America. And you must believe that workers by saving for old age would be much better than the government promise.

SULLIVAN: Instead of the 12.4 percent tax that we pay, like in Chile, they take 10 percent out, automatically put that into a private account that’s not for use for current beneficiaries it is our money; correct?

PINERA: Yes, correct. Your money is protected constitutionally. That money grows in your account exponentially compounded 45 years, so forget the…

SULLIVAN: Can the government tap into it?

PINERA: No, no…

SULLIVAN: If Chile if the government gets into — in Chile if the government gets into financial difficulty, can they go raid that money?

PINERA: No way. It is protected by property rights. This is your money, we have accumulated already seventy percent of GDP in that money. The capital markets in Chile have boomed, have increased. We are financing the new infrastructure, the new growth of the industrial, the forest, with this money.

Instead of Chile having a huge trillion-dollars debt, as you have, we have a huge funded system of retirement.

SULLIVAN: Jose Pinera, we are going to leave that here. But I know later on we will be speaking about European problems. Thank you very much for joining us, at least in this hour. And we’re going to see you more in a couple of hours. Jose Pinera of Chile. Thank you, Jose

PINERA: Thank you very much, Brian.

samedi 13 mars 2010

L’Europe se trompe toujours de combat


"Le seul homme qui évolue est celui qui est pourvu d'un cerveau." Oliver Noyes Wescott

La remise en cause des Credit Default Swaps (CDS) par la Grèce est l’histoire de l’arroseur arrosé. Après avoir abusé des currency swaps en retour d’une avance sur recettes par le diable Goldman Sachs (1), et qui lui ont permis de masquer ses déficits abyssaux à ses partenaires, la cigale grecque se dit, à présent, victime de requins qui spéculent sa faillite à travers les CDS.

Cette triste histoire en serait restée là si elle n’avait été relayée, le 9 mars 2009, par quelques démagogues européens qui réclament, à leur tour, une régulation accrue ou carrément l'éradication de ces produits dérivés sur les dettes souveraines. Quand la température ne convient pas aux socialistes, ils veulent casser le thermomètre. (2)

Si prompt à reprendre les communiqués de ses confrères quand ils abondent dans son sens, le journal Le Monde s’est gardé de faire part à ses lecteurs d’un organisme allemand de régulation financière. Budensanstalt für Finanzdienstlastungsaufsicht, peut être plus connue pour certains sous son acronyme BaFin, a mis en ligne sur son site (3) le communiqué suivant : «Die Bundesanstalt für Finanzdienstleistungsaufsicht (BaFin) hat – entgegen anders lautender Berichterstattung - bislang keine Anhaltspunkte dafür gefunden, dass in jüngster Zeit verstärkt Kreditderivate, sogenannte Credit Default Swaps (CDS), zur Spekulation gegen griechische Staatsanleihen genutzt worden sind.» Traduction en français : Contrairement aux autres communiqués bruyants, le Bafin n’a pas trouvé le moindre indice que les dénommés CDS ont accru, récemment, la spéculation contre les obligations de l’État grec.

Ce communiqué n’hésite pas à contredire la chancelière sur un point capital. C’est la preuve de la bonne santé de la démocratie allemande, et que l’on ferait bien de prendre en exemple en France en créant de véritables contre-pouvoirs à l’omnipotence d’un chef de l’État erratique.

Parmi les idées qui circulent à Luxembourg ou à Bruxelles, on notera la volonté d’exclure de ce marché les «naked CDS». Il s’agit d’un contrat dans lequel l’acheteur n’a pas d’exposition au sous-jacent. En clair, pour assainir ce marché d’assurance de la dette souveraine, il faudrait exclure les spéculateurs qui ne détiennent pas de la dette.

Pour fixer les idées, le marché américain des CDS représente 145 trillions de dollars alors que la dette de ce pays est d’environ dix trillions de dollars. Le volume de ce marché représente quatorze fois la dette des États-Unis. Faute de statistiques à l’échelle de l’Europe, on peut extrapoler que le marché des CDS représenterait au moins dix fois la dette globale des quinze États membres de l’euro. Un ordre de grandeur de 100 trillions de dollars paraît réaliste. Je souhaite beaucoup de courage à nos vaillants eurocrates pour séparer le bon grain de l’ivraie (naked CDS) dans cet océan de dettes.

Autre reproche souvent entendu depuis le 15 septembre 2008, c’est l’absence d’un marché centralisé pour pallier les insuffisances d’un marché gré à gré. Ce travail de titan est en cours de réalisation sur le continent américain par Depository Trust & Clearing Corporation. Créée en 1999, cette holding regroupe les activités de deux agences : Deposit Trust Company (DTC) et National Securities Clearing Corporation (NSCC)

De leur côté, les Européens sont complètement nus. Leur idée de se couvrir avec un fonds monétaire européen n’est pas la bonne. C’est toujours le vieux réflexe socialiste d’une mutualisation des risques alors qu’il faudrait mettre en place une maison de compensation qui réconcilierait, une fois par mois, tous les ordres sur le marché des CDS. Après onze ans de labeur, les Américains ne sont parvenus qu’à une réconciliation hebdomadaire. La route est longue pour parvenir à l’idéal d’une compensation quotidienne.

Cette affaire démontre, une fois de plus, le retard considérable des Européens. Il est plus facile pour nos démagogues de s’en prendre aux paradis fiscaux et aux hedge funds qui spéculent sur la dette souveraine ou sur la monnaie unique. Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois !

(1) Archive du 19 février 2010 : les Américains se vengent de notre pingrerie !

(2) Archive du 5 mars 2010 : la chasse aux sorcières est ouverte

(3) http://www.bafin.de/

mercredi 10 mars 2010

Les Ides de Mars


Mort de César



«Certains signes précédent certains événements» disait Ciceron. A l’instar de la pièce de William Shakespeare où Julius Cesar est prévenu, faut-il se méfier des Ides de Mars ?

Deux dates donnent matière à réfléchir

Le 10 mars 2000 correspond au zénith de la bulle internet. Ce jour là, l’indice vedette Nasdaq des valeurs de technologie clôtura à 5048 points. Il est aujourd’hui à 2359 points. Cela représente une dégringolade de 54% en une décennie.

D’aucuns trouveront un réconfort par son impressionnant rebond depuis l’abysse du 9 mars 2009 qui est la deuxième date marquante des marchés. Ce jour là, le Nasdaq clôtura à 1284 points. Il avait perdu 75% de sa valeur en neuf ans.

Au zénith de la bulle internet, la société Cisco qui fabrique les routeurs de la toile, était la plus riche de la planète avec une capitalisation boursière de 500 milliards de dollars. Le marché lui attribuait généreusement une capitalisation deux fois supérieure à celle de General Electric. (Pour information, GE est l’ancêtre de l’indice Dow & Jones inventé en 1896 par Charles Dow, les vingt-neuf autres sociétés ont disparu)

A la recherche d’hyperboles, les journalistes financiers de Wall Street opposaient la «vieille économie» à la «nouvelle économie» qui avait le vent en poupe. On ne donnait pas cher de la vieille. L’action de Cisco cotait 139 $, elle n’en vaut plus que 25$ aujourd’hui.

Quelle stratégie pour les investisseurs ?

S’il vous reste de l’argent après la tondeuse du fisc, les conseillers financiers vous diront que les actions sont le meilleur placement sur le long terme. Mais la décennie passée a rendu obsolète la stratégie «buy and hold». Il n’y a plus de visibilité.

On nous a joué si longtemps la pièce «En attendant Godot» que plus personne ne croit vraiment à une reprise d’une croissance durable. C’est la faute des néo-keynésiens avec leur incessant bricolage des taux d’intérêt et de la masse monétaire en circulation. Il nous faut vivre, ou plutôt survivre, à travers les crises qu’ils déclenchent. Après la bulle internet, nous avons été gratifiés de la bulle immobilière. La bulle obligataire est arrivée plus vite que je ne l’ai envisagée. Mon horizon était 2012. Son éclatement sonnera la fin de l’euro. Après l’effondrement de plusieurs États-providence, on reviendra à plus de sagesse en marquant dans le marbre que les déficits budgétaires sont bannis.

Les apprentis sorcier ne désarment pas

Ils envisagent d’instiller le poison de l’inflation pour soulager les États surendettés. C’est la proposition d’Olivier Blanchard, un économiste français du FMI, qui envisage une inflation de 4% au lieu de 2% par an. Elle a séduit le journal Le Monde. (1) Spolier les épargnants qui ont placé leur argent dans des obligations d’État serait une bonne chose.

En dehors de l’immoralité de ces gens qui sont toujours prêts à donner des leçons, il faut s’attarder sur l’aspect purement économique de cette proposition. Comme le disait notre maître à penser Frédéric Bastiat, les néo-keynésiens n’envisagent qu’une partie de l’équation (réduire la charge de la dette) Ils ignorent la partie cachée. On peut laisser filer l’inflation mais on ne peut pas la contrôler ! Fixer une inflation de 4% par an est une proposition aussi absurde que celle faite par le président de la République à Marignane, le 4 mars 2010, d’augmenter la production industrielle de 25% en cinq ans. L’économie ne se décrète pas !

Ces apprentis sorcier ignorent les réactions en chaîne. L’inflation obscurcit considérablement l’horizon des chefs d’entreprise. Elle favorise l’endettement au détriment de l’autofinancement des entreprises et de l’épargne des ménages. Elle suscite des revendications salariales à n’en plus finir. C’est une boîte de Pandore.

Ils ignorent aussi le sort tragique de la jeune république de Weimar qui fut emportée par l’hyperinflation. Lors de la conférence de la paix, en 1919, au château de Versailles, le jeune John Maynard Keynes faisait partie de la délégation économique anglaise. Il mit en garde ses collègues français que l’Allemagne ne pourrait jamais rembourser la dette de guerre énorme qu’ils exigeaient d’elle. Il ne fut pas écouté. Écœuré par l’inflexibilité de Clémenceau, Keynes claqua la porte et se vengea en écrivant le livre « The Economic Consequences of the Peace ». (2)

Les socialistes ignorent volontiers cet ouvrage où l’auteur avait vu juste et lui attribuent des hommages indus sur la sortie de la Grande Dépression. La réécriture de l’histoire est leur obsession.

(1) « L’économie mondiale a-t-elle besoin de plus d’inflation ? » Le Monde du 24 février 2010.

(2) « The Economic Consequences of the Peace » de John Maynard Keynes est disponible chez Amazon.

vendredi 5 mars 2010

La chasse aux sorcières est ouverte



Le général George Smith Patton (1885-1945) stoppa la contre-attaque de la Wehrmarcht dans les Ardennes en décembre 1944. Il disait : "Ne dites jamais aux gens ce qu'ils doivent faire. Demandez-leur plutôt ce qu'il faudrait faire. Leur ingéniosité vous surprendra."


Deux poids, deux mesures…

Empêtrés dans la crise grecque, les dirigeants européens viennent de recevoir un appui providentiel d’Outre Atlantique. La division antitrust de la justice américaine examine quatre hedge funds qui seraient coupables de collusion dans une vente à découvert de l’Euro le mois dernier. Les hedge funds en question sont Greenlight Capital, SAC Capital Advisors, Paulson & Company et Soros Fund Management.

Tout commence, le 2 février 2010, lors d’un dîner dans un restaurant de Park Avenue, Townhouse, où se réunissent une vingtaine de managers des fonds en question. La présentation de l’Euro par un manager de SAC Capitol Advisors n’aurait duré que cinq minutes lors de ce dîner.

Quand des dirigeants politiques se réunissent, se concertent et prennent une décision commune, il s’agit d’une bonne action. Quand des investisseurs discutent, pendant cinq minutes, de l’avenir de l’Euro, il s’agit d’une collusion… Michael Vachon, le porte-parole de Soros, a ironisé : «C’est devenu une habitude d’attirer l’attention sur Soros quand des problèmes de devises se posent.» James Chanos, qui n’a pas spéculé contre l’Euro, défend la position des quatre fonds. Il a qualifié cette enquête de chasse aux sorcières. «Les hedge funds et, plus généralement, ceux qui vendent à découvert, sont les boucs-émissaires des erreurs commises par d’autres personnes.»

L’Euro est condamné

Que le Département de la Justice américaine lance ou non une enquête à l’encontre des quatre hedge funds, pour calmer la fureur des dirigeants européens, notamment celle de la marquise de Bercy, n’infléchira pas le sort de la monnaie unique. Rien que pour l’année 2010, les cigales européennes sont en quête de cinq cent milliards d’Euros sur le marché obligataire pour refinancer leur dette et combler les brèches béantes de leur budget. Cet argent sera d’autant plus difficile à lever dès lors qu'on entretient un climat de défiance à l’encontre des spéculateurs qui sont dans leur droit de vendre à découvert l'Euro.

La crise grecque est le miroir du mal européen

Personne ne peut vivre éternellement au-dessus de ses moyens ! Les cigales européennes doivent réduire drastiquement leur train de vie, ce qui passe par l’abandon inéluctable de leur cher État providence qui est la cause principale de leur ruine. Le laborieux plan de sauvetage de la Grèce ne rassurera que les Européens. Il ne convaincra personne en dehors d'eux.

Paris et Berlin ont pris un grand risque en se portant garants d'Athènes à travers la Caisse des Dépôts et Consignations et Kreditanstalt für Wiederaufbau. Cette funeste décision intervient après que des banques privées allemandes ont fait savoir qu’elles n’achèteraient plus de dette grecque. Le marché n’est pas dupe.

Les requins ne se trompent pas sur l’issue finale du combat

Ils vont provisoirement délaisser la Mer Égée et se porter dans la partie occidentale de la Méditerranée où ils vont se gaver.

L’Espagne accuse un taux de chômage de 20%, une décroissance de 3.6% et un déficit budgétaire de 11.4%. Comme la Californie et la Floride, elle est victime de ses propres turpitudes. Au pic de la bulle immobilière, ce pays de quarante-cinq millions d’habitants construisait autant de logements que l’Allemagne, l’Italie et la France réunies ! Après l’éclatement de la bulle, elle se retrouve avec un stock de logements invendus de l’ordre d’1.3 millions d’unités.

C’est l’exemple type de mauvais investissement critiqué par l’école autrichienne. Les tenants de cette école ne sont jamais invités sur les plateaux de télévision. Et pour cause ! La propagande keynésienne persiste dans l’erreur en prônant une aide à ce secteur sinistré alors qu’il faudrait laisser purger le marché. Les prix de l’immobilier n’ont baissé que de 15% en Espagne contre 50% en Floride. «Les Espagnols se considèrent l’égal des Cubains alors qu’ils vivent comme des Yankees» a déclaré Lorenzo Bernaldo de Quiros, le président de Freemarket International Consulting à Madrid. (1)

On veut toujours soigner le mal par le mal. Cela ne fait que prolonger inutilement la récession économique. Devra-t-on se sacrifier en achetant des logements vides sur la côte espagnole ? Où plus personne n’a envie de venir passer ses vacances en raison de la cherté de la vie? Où celle-ci est entretenue par les blocages des syndicats?

L’incohérence des néo-keynésiens déroute l’opinion publique

Après le 15 septembre 2008, on a eu droit à un concert de louanges en faveur des plans de relance. Maintenant, on nous raconte qu’il faudrait réduire les déficits budgétaires pour prévenir un crash obligataire, tout en précisant qu’ils sont néanmoins indispensables pour soutenir une croissance moribonde. Comment voulez-vous que les peuples européens ne soient pas déboussolés par tant de sottises ? Le journal Le Monde est à l'avant-garde de cette escroquerie intellectuelle. «Quand les gens intelligents se piquent de ne pas comprendre, il est constant qu’ils y réussissent mieux que les sots», disait André Gide.

N’ayant plus aucune marge de manœuvre, les cigales prient pour qu’un miracle se produise. Il n’y en aura pas ! Le marché est impitoyable avec les mauvaises politiques économiques. La croissance ne repartira pas en Europe. Plus grave, les cigales condamnées veulent entraîner dans leur chute les fourmis. La tournée du Premier Ministre grec à Berlin, Paris et Washington s’apparente au chantage suivant : «Aidez-nous sinon l’Euro va sombrer avec nous !» Il tient aussi un double langage en menaçant de faire appel au F.M.I. Chiche ! Lisez à ce propos le papier éclairant de Philippe Herlin «le F.M.I, la bonne solution pour la Grèce.» (2)

Les requins tournent leur attention vers l’Espagne

Madrid n’a plus de marge de manœuvre. Elle doit trouver 85 milliards sur le marché obligataire en 2010. Ses dettes jumelles (publique et privée) ont augmenté de 14.5% par an entre 2000 et 2008 selon une enquête publiée par McKinsey Global Institute. La dette globale représente 4.9 trillions de dollars ou 342% de son PNB. A l’exception du Japon, c’est un pourcentage supérieur aux autres grandes économies.

McKinsey est très pessimiste. Il prévoit que les ménages et les promoteurs immobiliers vont renier leur dette qui est supérieure à leurs actifs. Cela va entraîner la faillite de 45 Cajas (banques régionales), tenues par des politiciens qui ont spéculé, à grande échelle, sur le marché immobilier. Officiellement, les défauts de paiement des emprunts représentent 5% du total, contre 3.2% l’an dernier. «Ce total de pertes est minoré de 30 ou 40%» a dit Santiago Lopez Diaz, un analyste de la banque Crédit Suisse. Comme la Fed qui a racheté des tonnes de produits toxiques, les Cajas ne veulent pas appliquer la règle comptable mark-to-market qui les obligerait à réaliser ces pertes. (3) Le gouvernement socialiste encourage les Cajas à lever davantage de capital. C’est une fuite en avant suicidaire.

Comme les salaires sont inflexibles, les patrons n’ont d’autre choix que de licencier les salariés sous contrat à durée déterminée. Les autres bénéficient d’une impunité en raison d’un pacte diabolique signé avec les syndicats. Chaque licencié a droit à une indemnité de 45 jours par année de travail. Pour un salarié ayant vingt ans d’ancienneté dans une entreprise, cela équivaut à 900 indemnités journalières. On comprend pourquoi le taux de chômage dans ce pays demeure le plus élevé au sein de l’Union européenne.

Pour un bon du trésor espagnol de 10 millions d’euros, le contrat d'assurance (credit default swap) est passé de 2350 €, il y a trois ans, à 171 750 € en février 2010, selon Markit Group Ltd qui gère l’index des CDS sur les dettes souveraines des quinze pays européens de la zone euro. (4)

Comme par hasard, la Commission européenne réclame un contrôle accru du marché des CDS qui lui échappe. Quand la température ne leur plaît pas, les néo-keynésiens veulent casser le thermomètre. C’est ce qu’ils savent faire de mieux. Pauvre Europe !

(1) Wall Street Journal du 24 février 2010 "The Euro's next battleground : Spain"

(2) http://ladettedelafrance.blogspot.com

(3) Archive du 18 février 2010 «la fin de l’empire américain»

(4) Archive du 25 février 2010 «les requins flairent un grand carnage en Europe»

mes livres publiés

  • octobre 2002 Les Déserts du Monde ouvrage collectif sous la direction d'Eve Sivadjian chez Solar et Géo
  • octobre 2003 Les Montagnes du Monde ouvrage collectif sous la direction d'Eve Sivadjian chez Solar et Géo
  • février 2007 Tome I Theodore Roosevelt : l'ascension d'un homme courageux aux éditions Le Manuscrit
  • juin 2008 Tome II Theodore Roosevelt : de Santiago de Cuba à la Maison Blanche aux éditions Le Manuscrit
  • juillet 2008 Tome III Theodore Roosevelt : la présidence impériale aux éditions Le Manuscrit
  • décembre 2011 Waffle Print Amazon.com