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This Day in History

Quotation of the Day

samedi 26 décembre 2009

Le marché peut corriger ses erreurs mais pas l’État providence !




En haut James John Davis (1873-1947) ; en bas Robert Law Bacon (1884-1938)


« Le but de la science n’est pas d’ouvrir la porte à une sagesse infinie mais de mettre une limite à une erreur infinie. »

Berthold Brecht


En cette fin d’année 2009, le bilan est globalement positif pour Obama

Dès son arrivée à la Maison Blanche, le président Barack Hussein Obama avait annoncé la couleur : un plan de relance keynésien d’un montant de 825 milliards de dollars, représentant 5.7% du PNB américain. On allait voir ce qu’on allait voir ! Mais si cela n’avait tenu qu’à Paul Krugman, le prix Nobel d’économie 2008, il eût fallu doubler la mise…

L’administration considère que ce plan est un succès. Il a évité une sévère récession et contribué à la reprise économique du pays. Elle s’enorgueillit d’investir massivement dans les infrastructures, un secteur jugé prioritaire pour les dépenses d’avenir. Mais l’administration passe sous silence la question que se posent de nombreuses gens qui ont lu notre grand économiste Frédéric Bastiat : «Est-ce que les bénéfices d’une telle action surpassent les coûts ?»

Avant sa prise de fonction, Obama et son équipe de Chicago affirmaient qu’ils auraient une approche rigoureuse des politiques publiques qu’ils envisageaient de conduire.


Le sauvetage ahurissant d’une grenouille par les écologistes

Dans un papier intitulé « Government failure versus market failure » (la faillite de l’État opposée à la faillite du marché) Clifford Winston, du Brooking Institution, a analysé le coût des politiques publiques en général. Ce vieux think tank de Washington est connu pour ses opinions modérées ; son président, Strobe Talbott, a été le secrétaire d’État, l’équivalent de notre ministre des Affaires Étrangères, du gouvernement Clinton.

Dans son introduction, Clifford Winston raconte une anecdote symptomatique de l’état d’esprit des médias si prompts à nous donner des leçons. Le président George W Bush avait pris dans son cabinet John Graham. Ce professeur de Harvard était connu pour ses positions fermes en matière de régulation d’environnement et de santé. L’agence de protection de l’environnement (EPA) avait proposé une régulation pour sauver une centaine de grenouilles appartenant à une espèce en voie de disparition, en modifiant le projet d’une autoroute, pour le coût astronomique d’un milliard de dollars. Graham s’était opposé à la régulation en question et avait exhorté l’agence à trouver une solution moins onéreuse pour sauver la grenouille. La vie de ce charmant batracien valait-elle les dix millions de dollars que l’EPA était prête à consentir à chacun d’entre eux ?

D’un point de vue démocratique, on ne pouvait que se féliciter qu’un débat contradictoire, au sein même de l’administration, eût pris en considération les intérêts légitimes des contribuables. Graham s’attira les foudres de la presse américaine. Par l’entremise du sénateur démocrate de l’Illinois, Dick Durbin, à qui il avait accordé une large place pour s’exprimer dans un op-ed (opposite editorial), l’édition du 16 juillet 2001 du Washington Post titra : «Graham flunks the cost-benefit test» (Graham a foiré le test du coût/bénéfice) Trois jours plus tard, The Los Angeles Time invita Linza Heinzerling, un professeur de droit de l’université de Georgetown, à donner, à son tour, son opinion. Comme son homologue de la côte Est, le grand quotidien ne fit pas dans la dentelle avec le titre suivant : «Don’t put the fox in charge of the hens!» (Ne confiez pas à un renard la garde du poulailler !)


Le mépris des journalistes à l’égard du peuple

Winston se contente de déplorer que le refus de débattre du coût des interventions gouvernementales a un impact sur l’efficience microéconomique. Pour enfoncer le clou, j’ajouterai, pour ma part, que la réaction de la presse américaine, comme celle de sa consœur européenne après le référendum des minarets en Suisse, exprime un profond mépris envers le contribuable ou le concitoyen de son pays. Avez-vous entendu un seul de ces censeurs qui se soit interrogé sur le paquet fiscal du sommet de Copenhague à l’égard de la santé de nos entreprises ou de nos emplois qui en dépendent ? En Europe, il n’y a malheureusement pas que la sphère politique qui vit dans une bulle !


L’optimum de Pareto

L’efficience microéconomique est atteinte avec l’optimum de Pareto. Wilfredo Pareto (1848-1923) a laissé une grande empreinte dans la science économique. Cet optimum est atteint lorsqu’il n’est plus possible d’améliorer le sort d’une personne sans abaisser celui d’une autre. Malheureusement, cet outil microéconomique a été sorti de son contexte par les socialistes. Il a servi à légitimer des interventions publiques qui n’auraient jamais dû l’être. Si un marché échoue à établir un optimum pour un tas de raisons (monopole, imperfection de l’information disponible, externalité ou biens publics, etc…), l’Etat devrait intervenir pour corriger cette imperfection. Les énarques ne s’en privent guère.

Clifford Winston s’interroge : « Y a-t-il d’abord la preuve d’une faillite sérieuse du marché nécessitant une intervention publique ? » Sa réponse est un défi à notre temps : « Si une faute se produit, le marché a la capacité de la corriger alors que le gouvernement en est incapable en raison de l’inflexibilité, du court-termisme et du caractère conflictuel des agences gouvernementales qui se disputent ce marché, et aussi à cause des forces politiques qui autorisent des groupes d’intérêt à influencer des élus pour initier ou maintenir des politiques inefficaces mais qui leur permettent d’accroître leur rente. » Tout est dit.


La citadelle intouchable du Davis-Bacon Act de 1931

Comme tous les socialistes, le président Obama est convaincu que l’action publique est préférable à celle du privé. Winston cite le cas des infrastructures routières, fluviales, ferroviaires et aériennes qui sont sous la coupe de l’État fédéral et des États fédérés. Cela représente la plus grande dépense publique avec un trillion de dollars par an. Pourtant, l’État n’a pas su corriger la congestion du trafic. Winston a établi une courbe de congestion. En 1980, un automobiliste américain était immobilisé sept heures en moyenne par an, il l’est pendant vingt-cinq heures en 2008. L’État n’a pas su non plus s’adapter à l’afflux du trafic aérien provoqué par la dérégulation initiée par Ronald Reagan. Les passagers devraient s’interroger sur la hausse ininterrompue des taxes d’aéroport qui représentent 50% du prix d’un billet d’avion. Et pour quel bénéfice ? Les temps d’attente s’allongent inexorablement sur les pistes ou dans les aérogares.

C’est normal après tout, car, d’un coté, la demande explose à cause de la libération du trafic aérien, mais l’offre de piste stagne car la responsabilité incombe à des gouvernements locaux qui sont phagocytés par les syndicats et par une législation ancienne qui leur est très favorable.

Le 3 mars 1931, le président républicain Herbert Hoover signa la loi Davis-Bacon. Comme toute loi américaine, elle portait le nom de ses deux artisans au Congrès, tous deux républicains, faut-il le noter. Contrairement aux idées reçues en France, cela prouve que le parti démocrate et son illustre représentant en la personne de Franklin Delano Roosevelt qui n’était pas encore président, n’avaient pas le monopole de l’interventionnisme pour combattre la Grande Dépression qui s’était abattue sur le pays. James Davis, qui avait servi en tant que ministre du Travail sous trois présidents, était, à cette époque, le sénateur de Pennsylvanie ; quant à Robert Bacon, il était un député de l’État de New York. C’est en cette qualité qu’il sponsorisa, de son côté, la loi à la chambre des Représentants.

Cette loi s’appliquait à tous les contrats bénéficiant d’une aide fédérale avec un seuil de deux mille dollars. Cela ne laissait pas beaucoup de contrats hors du champ de la loi. Elle obligeait les parties contractuelles à verser un salaire aux ouvriers qui ne fût inférieur à celui en vigueur et fixé par les syndicats de l’État où se déroulait le chantier en question. L’idée était venue à Bacon lorsqu’un entrepreneur avait loué les services de noirs américains de l’Alabama pour construire un hôpital dans sa circonscription de Long Island. Son idée, partagée par ses collègues républicains au Congrès, voulait que les lucratifs emplois dépendant des fonds fédéraux profitent uniquement à la main d’œuvre locale sévèrement touchée par la Grande Dépression.

L’opposition démocrate déclara que cette loi était raciste. Bien qu’elle soit restée en vigueur malgré la fin de la Grande Dépression, ses opposants ne désarment pas. Dans un arrêt rendu en 2002, Brazier construction versus Elaine Chao, Secretary of the Department of Labor, le juge Bryant rejeta le caractère raciste de la loi.

Conscient du problème lancinant des attentes interminables dans les aéroports, Obama a voulu les corriger à sa manière. Ainsi deux villages d’Alaska ont obtenu 28 millions de dollars pour leur aéroport que personne ne connaît, alors que la ville de New York, qui gère tout de même les aéroports de La Guardia (vols domestiques) et de John Fitzegerald Kennedy (vols internationaux), n’en a pas reçu autant.

La dépense publique n’a pas pour but, comme le croient beaucoup de socialistes naïfs, de corriger des inégalités mais d'acheter des voix. Ainsi, celle d’un électeur d’Alaska (un bastion républicain) compte vingt fois plus que celle d’un électeur de New York qui, quoi qu’il arrive, votera toujours pour le candidat démocrate. Tel est le calcul cynique du président Obama qui pense déjà à sa réélection.


La pédagogie pour sortir nos concitoyens de l’ornière socialiste

Dans un pays comme la France où le bien-être de la majorité des citoyens ne dépend pas de son ardeur au travail mais de la redistribution de la richesse par les énarques, les politiciens et les syndicalistes, il ne faut pas s’étonner que le libéralisme soit si mal compris.

La donne ne changera que lorsque l’État impécunieux fera faillite. Un immense travail de pédagogie attendra ceux qui auront alors la lourde tache d’expliquer à nos concitoyens que leur bien-être dépend désormais du travail accompli, de la liberté individuelle et du droit inaliénable de propriété.

C’est un José Pinera dont la France a besoin pour la sortir de l’ornière dans laquelle elle est tombée involontairement, le 27 mai 1974, avec l’élection de l’énarque Valéry Giscard d’Estaing à la présidence de la République. Depuis cette date fatidique, les déficits budgétaires n’ont cessé de se creuser. Tout se tient…

jeudi 24 décembre 2009

L’arche de Noé à l'épreuve de la technocratie




Génèse, chapitre sept

« Puis l’Eternel dit à Noé :
- Entre dans l'arche, toi et toute ta famille, car je ne vois que toi qui sois juste au milieu de tes contemporains. Prends sept couples de chaque sorte d’animaux purs, sept mâles et sept femelles de chaque sorte, et un couple de tous les animaux impurs, un mâle et une femelle. Prends aussi sept couples de chaque sorte d’oiseaux pour en perpétuer la race sur toute la terre. Car dans sept jours, je ferai pleuvoir durant quarante jours et quarante nuits sur la terre et j’effacerai de la surface de la terre tous les êtres que j’ai créés.
»

En 2010 après Jésus-Christ, Dieu visite Noé et lui dit : « Une fois encore, la terre est devenue invivable et surpeuplée. Construis une arche et rassemble un couple de chaque espèce d’animaux ainsi que quelques bons êtres humains. Dans six mois, j'envoie la pluie durant quarante jours et quarante nuits, et je détruis tout ! »

Six mois plus tard, Dieu retourne visiter Noé et ne voit qu'une ébauche de construction navale.

- Mais, Noé, tu n'as pratiquement rien fait ! Demain il va commencer à pleuvoir !
- Pardonne-moi, Tout Puissant, j'ai fait tout mon possible mais les temps ont changé.

Quand j'ai commencé à bâtir l'arche, on m'a dit qu'il fallait un permis de construire. L'inspecteur me fait un tas d’ennuis au sujet du système d'alarme anti-incendie.

Mes voisins ont créé une association parce que la construction de l'échafaudage, dans la cour, viole le règlement de copropriété et obstrue la vue. J'ai dû recourir à un conciliateur pour parvenir à un accord.

La direction de l'Urbanisme m'a contraint à réaliser une étude de faisabilité et à déposer un mémoire sur les coûts des travaux nécessaires pour transporter l'arche jusqu'à la mer. Pas moyen de leur faire comprendre que la mer allait venir jusqu'à nous !

La coupe de bois pour la construction navale s'est heurtée aux multiples associations pour la protection de l'environnement, sous le triple motif, que je contribue à la déforestation, que l’autorisation accordée par l’Office National des Eaux et Forêts n'a pas de valeur juridique aux yeux du Ministère de l’Environnement, et que cela détruit l'habitat de plusieurs espèces animales. J'ai eu beau leur expliquer qu'il s'agit de préserver ces espèces, rien n'y a fait !

Dès que j’ai rassemblé les couples d'animaux, la Société Protectrice des Animaux (SPA) et le World Wide Fund (WWF) me sont tombés sur le dos. Elles m’ont accusé de cruauté envers ces animaux. Elles ont déclaré que je les soustrais à leur milieu naturel et que je les enferme dans des compartiments exigus.

Ensuite, l'agence gouvernementale pour le Développement Durable a exigé une étude d'impact du déluge en question.

Dans le même temps, j’ai eu affaire à des inspecteurs retors qui me reprochent de violer la législation en utilisant des travailleurs bénévoles. Je les ai embauchés car les syndicats m'ont interdit d'employer mes propres fils, en disant que je ne dois employer que des travailleurs syndiqués.

Le fisc a saisi tous mes avoirs en prétextant que je me prépare à fuir le pays. Et pour finir, la direction des Douanes menace de m'assigner devant les tribunaux pour « tentative de franchissement de frontière en possession d'espèces protégées ou reconnues comme "dangereuses".

-Aussi, pardonne-moi, Tout Puissant, d’avoir manqué de persévérance dans ce projet !

Aussitôt après que Noé ait confessé à Dieu son impuissance, les nuages noirs se dissipent et un magnifique arc-en-ciel se dessine.

- Renonces-tu à détruire le monde ? demande Noé interloqué.

- C’est inutile, répond Dieu, la technocratie s'en charge à ma place.


=== Confession d’un marcheur impénitent ===

En cette veillée de Noël circule sur la toile cette histoire drôle que j’ai remaniée. Elle illustre mieux que tous les discours la dérive totalitaire d’un monde technocratique ayant la prétention de régenter les moindres détails de nos activités humaines.

Croire en Dieu est la dernière ringardise dans un monde athée. Et pourtant, Dieu produit des miracles tous les jours...

Pas plus tard que lors du sommet de Copenhague où la secte verte s’est donné rendez-vous, j’ai prié Dieu pour qu’il déclenche un blizzard. Mon vœu a été, partiellement, exaucé. Le blizzard ne s’est pas abattu sur Copenhague mais sur Washington, la capitale de la nouvelle Rome où sont prises les grandes décisions de ce monde.

Je remercie l’Eternel d’avoir envoyé un fort signal pour remettre à sa place la secte verte. Amen.

samedi 19 décembre 2009

Le mythe du temps différent




Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff, deux universitaires américains, sont les auteurs d'un rapport sur huit siècles de crises financières



L’effondrement du marché financier, le 15 septembre 2008, provoqué par la faillite de la banque d’investissement Lehman Brothers, a engendré une réaction stéréotypée des Keynésiens qui nous gouvernent. Pour relancer l’économie, il n’y aurait pas d’autre solution que d’aggraver les déficits budgétaires…La leçon a été bien retenue par le président de la République française. Son plan de relance keynésien, qu’il a dû rebaptiser « plan pour l’avenir de la France », pour ne point déplaire aux agences de notation soucieuses de l’endettement de ce pays qui vit depuis trente-cinq ans au-dessus de ses moyens, sera finalement d’un montant réduit à 35 milliards d’euros.

Il faut se contenter de ce moindre mal en dépit de nos avertissements répétés que l’on ne soigne pas le mal par le mal, à savoir par un endettement supplémentaire, alors que la récession est liée à un excès d’endettement des ménages et des banques provoqué par la politique monétaire laxiste des banques centrales.

Avant d’aborder la question principale, il faut décerner la palme de l’incompétence à Olivier Pastré, professeur d’économie à Paris VIII, qui, dans l’émission hebdomadaire «l’économie en question» sur France Culture, a déclaré ce matin sur cette antenne qu’il faut nationaliser les agences de notation ! Quand la température ne vous plait pas, notamment en cette période d’hystérie collective entretenue par le sommet de Copenhague, vous cassez le thermomètre. Cela ne résoudra ni l’imposture du réchauffement climatique, ni le surendettement de la planète, mais cela évitera aux écologistes ou aux Keynésiens de ne point être contredits, de manière aussi flagrante, par les faits.

Je martèle que l’indépendance des agences de notation ne peut être réalisée qu’à travers la levée d’une taxe infime de 0.01% sur toutes les transactions boursières. Tant que les agences de notation resteront rémunérées par leurs clients, il est utopique d’attendre des miracles de leur part.

Alors que se pose, avec acuité, le sauvetage de la Grèce à ses quatorze partenaires de l’euroland (la monnaie unique s’est dévaluée de 4% par rapport au dollar en l’espace de deux semaines), les grands argentiers devraient lire, avant d’ouvrir inconsidérément les cordons de la bourse à la cigale grecque, une étude menée par Carmen Reinhart, de l’université du Maryland, et par Kenneth Rogoff, de l’université de Harvard. Le titre de leur rapport ne manque pas d’humour : « This time is different : a panoramic view of eight centuries of financial crisis» (ce temps est différent : une vue panoramique de huit siècles de crises financières)

Leur thèse est tout le contraire du titre. La crise financière actuelle n’a rien d’extraordinaire. Chaque époque a été marquée par une période d’euphorie où des gourous ont prétendu que les circonstances étaient différentes et qu’il ne fallait pas s’alarmer de la hausse des prix. « La maison que vous achetez en vous endettant lourdement, vous pourrez toujours la revendre demain en faisant une plus-value. » Tout le monde y a cru, du petit ménage jusqu’au président de la Fed… Mais, comme le notent Reinhart et Rogoff, notre bulle immobilière n’est qu’une énième parmi tant d’autres au cours des huit derniers siècles sur lesquels ils ont pu glaner des statistiques. Nul doute qu’il y eut d’autres talentueux Charles Ponzi ou Bernard Madoff avant le XIII siècle mais, faute d’archives abondantes, ils ne sont pas remontés au-delà dans le temps.

Le duo a relevé une constante : un endettement excessif conduit immanquablement à une banqueroute des États qui y ont recours. Une idée pernicieuse, qui va faire grincer les dents des énarques de l’agence France Trésor qui se considèrent les Mozart de la finance, c’est de croire que l’on peut toujours inventer des produits financiers pour repousser la facture à payer. A l’appui de leur démonstration, les deux auteurs ont établi une corrélation entre la mobilité du capital et les crises financières. Le délai de grâce ne s’étend pas au-delà d’une décennie…

Les deux auteurs ont poussé le bouchon à établir des statistiques honteuses des faillites des États. Par faillite, il faut entendre l’incapacité d’un État à honorer ses échéances de remboursement de la dette contractée auprès des étrangers ou des nationaux. Sur le podium, on retrouve l’Espagne avec treize faillites avérées depuis le XIII siècle, suivie de la France avec huit et de la Hongrie avec sept. L’origine hongroise du chef de l’État tendrait à renforcer la présomption d’une faillite prochaine de notre nation.

Autre point délicat auquel devrait réfléchir sérieusement la fourmi Angela avant de commettre une erreur irréparable, c’est celle de la durée des défauts de paiement des États. Si un État fait plus souvent faillite qu’un autre, il peut s’avérer un moins mauvais élève s’il est capable de reprendre plutôt ses remboursements. Sur ce point, la Grèce aggrave son cas. Si elle n’est pas parvenue à se hisser sur le premier podium, c’est la faute de sa jeunesse ! Elle n’a acquis qu’en 1830 son indépendance par le protocole de Londres. En revanche, elle est le cancre en matière de capacité de remboursement. Elle se distingue par la longueur moyenne des périodes où elle s’est trouvée en défaut de paiement (50.6 années) alors que la Hongrie, sa seconde, ne l’a été que pendant 37.1 années en moyenne.

Concernant les expédients à une crise financière, nos deux auteurs énumèrent les vieilles recettes éprouvées.

La méthode la plus radicale, empruntée aux monarques français, consiste à décapiter les créanciers. C’était la première forme de « restructuration de la dette » mais elle ne serait plus applicable de nos jours. Joseph Marie Terray (1715-1778), qui fut le contrôleur des finances sous le règne de Louis XV, disait : « Un gouvernement doit faire défaut au moins tous les siècles pour restaurer l’équilibre. » Sa formule est éminemment contemporaine avec l’opération de « reset » des mémoires des ordinateurs et que le gouvernement applique, avec un certain succès, sur celles des Français pour mieux les manipuler. Ce n'est pas un hasard que la disparition de l’enseignement de l’histoire figure parmi ses priorités.

La deuxième solution est de rembourser avec une monnaie de singe le créancier à travers une « dévaluation compétitive. » C’est l’exercice périlleux auquel se livre actuellement Timothy Geithner, le secrétaire américain du Trésor, avec le gouvernement chinois. Ce n’est pas un hasard que ce technocrate parlant couramment le mandarin, ait été recruté par Obama pour séduire l’Empire du Milieu. Avant l’introduction de la planche à billet qui a été d’ailleurs inventée par les Chinois, les monarques européens recouvraient à un expédient éprouvé. Ils baissaient la part des métaux précieux dans la composition des pièces de monnaie en circulation. Ainsi, on apprend par Reinhart et Rogoff que le pourcentage d’argent, qui était de 8.5% en 1400 en Europe, tomba à 1% au milieu du dix-neuvième siècle. En complément d'information, les guerres napoléoniennes furent le plus grand facteur de destruction de richesse en Europe !

La troisième solution est de répudier la dette comme le firent, en 1917, les Soviétiques. L’inconvénient majeur est de se couper de la communauté internationale. L’exemple de la Corée du Nord devrait faire réfléchir ceux qui seraient tentés par l’expérience.

Pour conclure, sauver la Grèce ne sauvera pas pour autant la zone euro. Elle sera un fardeau pour très longtemps des contribuables des pays vertueux. S’il n’y avait que la cigale grecque, la charge resterait supportable. Mais il faudra bientôt ajouter celle des PIGS (Portugal, Italie, Grèce et Espagne) ou dit, de façon plus diplomatique, celle du Club Méditerranée auquel la France pourrait adhérer bientôt, pour se rendre compte que la fourmi allemande, malgré toute sa bonne volonté, ne pourra longtemps supporter la charge en question.

le grand conservateur anglais Edward Burke disait que les gens ruinés le sont à cause de leurs propensions naturelles. Appliqué à l'échelle de l'Europe, cet aphorisme pourrait se décliner ainsi : les cigales à cause de leur penchant naturel et les fourmis en raison de leur bonté ou de leur naïveté. Aux traders patentés, la vente à découvert de l'euro semble la meilleure option dans un marché chausse-trappes.

samedi 12 décembre 2009

José Pinera, l’homme qui a assuré la richesse du Chili




J’ai eu l’honneur d’être le traducteur de José Pinera lors de l’émission dont il a été l’invité, le 9 décembre 2009, sur REICHMANTV.

José Pinera est un personnage fascinant. Il comprend bien le français mais préfère s’exprimer en anglais. Il me corrige parfois dans le résumé que je fais de son exposé. Je l’observe du coin de l’œil. Il connaît toutes les ficelles du métier mais ce serait une erreur de ne s’attarder que sur la forme, comme c’est malheureusement le cas dans toutes les émissions politiques réalisées en France. C’est le contenu du message qu’il adresse aujourd’hui aux Français qui est capital - un mot choisi à dessin pour le sujet qui nous intéresse.

Si la plupart des hommes politiques français s’accrochent désespérément au pouvoir alors qu’ils n’ont aucun programme ni même d’idée intéressante à défendre, ce n’est certainement pas le cas de José Pinera. Tout semble lui réussir dans une vie bien remplie. A trente ans, il entre dans le gouvernement chilien en tant que ministre du Travail et des Retraites. Il entreprend la plus grande réforme économique jamais réalisée dans le monde : la transition d’un système de retraite par répartition vers un système par capitalisation. Le 1er mai 1981, une date symbolique pour montrer que cette réforme se fait dans l’intérêt des travailleurs, le processus est lancé. Dès les premiers mois, des millions de Chiliens optent en faveur du nouveau système de retraites par capitalisation mis en place par José Pinera. Ce grand réformateur n’avait pas encore trente-trois ans révolus…

José Pinera est né le 6 octobre 1948 à Santiago. Son père était ambassadeur aux Nations Unies à New York et son grand-père fut longtemps l’attaché culturel de l’ambassade du Chili à Paris. Grand amoureux de la France et de sa culture, son grand-père resta dix-sept ans en poste à Paris alors que la tradition, dans ce métier, est d’en changer souvent pour des raisons de sécurité nationale. Son père, qui se prénommait aussi José, fit ses études au lycée Janson de Sailly à Paris. Il ne découvrit le Chili qu’à l’âge de dix-sept ans. Bernardino Pinera, l’oncle de José, était archevêque.

Élevé dans une grande famille, originaire des Asturies en Espagne, José sut se montrer à la hauteur. Il obtint ses diplômes d’économie à l’université catholique du Chili. En 1970, alors que son pays se dotait d’un gouvernement communiste qui allait tout nationaliser sur son passage, José partit compléter ses études à la prestigieuse université américaine de Harvard. Nommé professeur assistant en 1974 à la même université, il préféra revenir au Chili, en 1975, pour enseigner à l’université catholique.

Retour à la case départ ? Pas tout à fait. Travailleur infatigable et animé d’un bon sens qui fait défaut à beaucoup de gens érudits, il publia de nombreux articles et essais en sus de huit livres. Pour la qualité de ses travaux, il obtint un grade honoraire de l’université Francisco Marroquin au Guatemala qui est, selon Milton Friedman, la meilleure université d’Amérique latine. Son activisme en faveur des thèses de l’école de Chicago le fit remarquer du pouvoir militaire qui avait renversé le gouvernement de Salvador Allende. En 1978, il entre au gouvernement alors qu’il n’avait pas encore trente ans.

José Pinera tenta de convaincre ses nouveaux collègues du gouvernement de l’importance d’une réforme des pensions. Face à ses exhortations, on lui répondait sans cesse : "Oui, d’accord : mais si ce problème a pu attendre trente ans, sans doute peut-on le laisser encore une semaine, un mois, voire une année ?» (1) Il mûrit son projet qu’il remit sur la table à l’occasion du 1er mai 1980. Dans un unisson rare, les forces de droite et de gauche firent barrage : «Touche pas à nos droits acquis !»

Le chef de l’État convoqua Pinera pour lui dire qu’il fallait suspendre son projet en attendant un moment plus propice. Le gouvernement chilien avait une autre priorité : la nouvelle constitution du pays devait être approuvée par référendum. Le 11 août 1980, elle fut plébiscitée par le peuple chilien. Ayant à l’esprit Churchill, «Il ne faut jamais, jamais, jamais abandonner le combat», Pinera s’empressa, le lendemain de ce référendum historique, de prendre rendez-vous avec le chef de l’État. Insistant sur le fait qu’il fallait profiter de l’euphorie du moment pour mettre en œuvre la réforme des pensions, il obtint le feu vert. Pinera, qui n’attendait que cela, appuya à fond sur la pédale de l’accélérateur. Avec ses collaborateurs, il élabora le projet de loi dans ses moindres détails. Il fit voter la loi par le parlement chilien, le 4 novembre 1980, qui coïncidait avec l’élection de Ronald Reagan aux États-Unis. Heureux présage! La réforme fut introduite le 1er mai 1981. Six mois étaient considérés une gageure, pour faire sortir du néant des fonds de pension et des autorités de régulation, mais il y parvint car il avait tout réfléchi avant le feu vert du président.

Aujourd’hui, 95 % des Chiliens disposent d’un compte personnel d’épargne retraite. Prudent et ne voulant pas soulever des espoirs infondés, Pinera avait misé sur un rendement annuel de 4 % de l'épargne retraite : il est de 9 %. Les irréductibles se contenteront, pour leur part, d’une maigre pension par répartition quand sonnera, pour eux seulement, l’heure de la retraite couperet. Après tout, c’est le choix qu’ils ont fait. Les autres pourront choisir, à leur guise, le départ en fonction de leurs intérêts. Rien ne vaut la liberté !

La masse d’argent collecté par les fonds de pension chiliens par capitalisation représente 80 % du PNB du pays. Avec cette épargne abondante, l’économie chilienne est sur un rythme de croissance de 7 % par an depuis 1980, exactement comme l’avait prévu Pinera. Cerise sur le gâteau, le Chili n’a ni dette extérieure, ni dette intérieure. De leur côté, les pays européens qui ont choisi la voie du socialisme, croulent sous des montagnes de dettes. Au cours de l’émission télévisée, José Pinera brandit la couverture du Figaro montrant l’Acropole. La Grèce est la première à monter dans la charrette des condamnés : l’agence de notation Fitch a dégradé sa note à BBB+. L’Espagne a reçu un avertissement de ces mêmes agences de notation.

José Pinera est sincère dans son désir d’offrir ses conseils aux gouvernements qui le désirent. Je me désole que le pays, qu’il aime le plus après le sien, ait toujours refusé de le consulter. Après le succès de ses réformes qui ont redonné la liberté à ses concitoyens, José Pinera n’a pas cherché, comme tant d’autres politiciens, à se cramponner au pouvoir. Il l’a quitté quand il s’est assuré que sa grande réforme ne pourrait être remise en cause par la gauche lorsqu’elle retournerait, un jour, au pouvoir. C’est bien ce qui s’est passé en 1990. Malgré quatre alternances, le système de capitalisation des retraites a survécu et prospéré. Comme me le disait Claude Reichman quand il m’a invité à l’émission, José Pinera a une vision compréhensible pour tout le monde de la réforme qu’il a proposée au peuple chilien. C’est pourquoi elle a autant de succès dans le monde. A ce jour, trente pays l’ont adoptée.

Pinera se considère comme un missionnaire qui prêche la bonne parole à ceux qui veulent bien l’entendre. Grâce à lui, des millions de ménages à travers le monde vont bénéficier d’une retraite décente. Si nous avons été privés de ses conseils, c’est parce que les énarques qui nous gouvernent ne veulent surtout pas nous accorder de liberté. Leur pouvoir repose sur une forte fiscalité et une redistribution de la richesse non pas envers ceux qui en auraient réellement besoin (ce serait trop beau) mais envers les plus hargneux, hier les communistes, aujourd’hui les verts, demain les islamistes…

L’euphorie de José contrastait avec notre pessimisme pendant l’émission. Et pour cause ! L’avenir de son pays est radieux alors que le nôtre est sombre. Avec un président de la République omnipotent mais incapable de tracer un sillon droit dans le champ qu’il est censé labourer, on ne saurait espérer une bonne récolte.

En mai 2008, Richard Rahn, le président de l’Institute for Global Economic Growth, écrivit dans les colonnes du Washington Post : « Si on vous demande de nommer la personne qui a offert la richesse et la sécurité au plus grand nombre à travers le monde, que répondriez-vous ? Beaucoup d’entre vous diraient que c’est Otto von Bismarck, qui a introduit en 1885 le premier système de sécurité sociale qui a servi de modèle aux États-Unis et à de nombreux autres pays. Non, Bismarck n’est pas la bonne réponse. La réponse est José Pinera. »


(1) « Le Taureau par les cornes : comment résoudre la crise des retraites » de José Pinera aux Éditions de l’Institut Charles Coquelin.

samedi 5 décembre 2009

L’esprit munichois



de gauche à droite : Chamberlain, Daladier, Hitler, Mussolini et Ciano


"Quand de grands changements se produisent dans l'histoire et que de grands principes sont en jeu, c'est une règle que la majorité se fourvoie toujours." Eugene V. Debs

Avec une destruction de 11 000 emplois en novembre, le taux de chômage, qui était de 10.2% le mois précédent, est redescendu à 10%. C’est pourtant la chose incroyable que vient d’annoncer le Bureau du Travail. Comment une destruction d’emplois, aussi minime soit-elle à l’échelle de la nation américaine, peut conduire à une régression du chômage ? Avec 15.4 millions de chômeurs officiellement déclarés, une décrue de 0.2 % du chômage équivaut à 30 800 personnes. On en déduit qu’avec 11 000 emplois perdus le mois dernier, l’économie américaine a réussi la prouesse de remettre 30 800 personnes au travail. En poursuivant cette logique absurde, chaque emploi détruit équivaut donc à la création de trois nouveaux emplois. Tel est le miracle accompli par l’ange noir de la Maison Blanche.

Dean Baker, du Center for Economic and Policy Research, a donné une explication du phénomène. La destruction d’emplois en octobre aurait été exagérée et les statisticiens l’ont corrigé le mois suivant. Cela ne saurait restaurer la confiance de l’opinion publique.

Les statistiques du marché de l’emploi sont trop sensibles pour être confiées à une agence gouvernementale. L’ancien Premier Ministre de la France avait fait de l’emploi son cheval de bataille pour gagner l’élection présidentielle. Les statisticiens de l’INSEE furent soumis à une rude pression de sa part pour parvenir à de bons chiffres. Officiellement, le taux de chômage est de 10% outre-Atlantique. Mais il existe beaucoup d’instituts de recherche indépendants dans ce pays pour donner une autre version moins glorieuse. Ainsi Alan Abelson, l’éditorialiste du Barron’s Magazine, fait état de 17.2% de chômeurs, si l’on veut bien inclure les gens radiés des statistiques de l’agence gouvernementale. Il y aurait 26 millions de chômeurs et non pas quinze recensés par le Bureau du Travail. On se rapproche inexorablement de la Grande Dépression avec son cortège de 25% de chômeurs de la population active. A l’époque, il n’y avait pas autant de fonctionnaires qu’à présent pour «affiner» les statistiques dans le sens voulu par le gouvernement. Mais comment voulez-vous qu’il en soit autrement lorsque les élus ne s’intéressent qu’à leur réélection ?

Le tripatouillage pour parvenir au résultat escompté

Tout est question de paramètres, que l’on inclut ou non, pour parvenir au résultat souhaité. C’est ce que nous ont appris les messages électroniques échangés par des scientifiques à la recherche de l’improbable réchauffement climatique lié à l’activité humaine. Lorsqu’on est payé pour obtenir une preuve, aussi ténue soit-elle, on ne peut pas décevoir son commanditaire en disant qu’il n’y a aucun lien entre la cause (CO2) et l’effet (réchauffement de l’atmosphère).

De même qu’après l’explosion de l’usine d’azotes fertilisants à Toulouse, survenue dix jours après les attentats de New York et de Washington, le gouvernement français de l’époque avait écarté, d’emblée, l’hypothèse très vraisemblable d’un attentat commis par un musulman de l’usine qui avait eu la bonne idée d’enfiler sept caleçons. Un fonctionnaire policier en charge de l’enquête avait eu cette phrase savoureuse : « A Paris ils veulent un accident, ce sera donc un accident ! » (1) On ne saurait être plus complaisant avec le pouvoir, même si cela va à l’encontre de la recherche de la vérité ou d’un respect minimum à l’égard des victimes et de leurs familles durement éprouvées par cette tragédie.

« Paris vaut bien une messe » avait déclaré Henri IV pour accéder au trône de France. « Les victimes de Toulouse valent bien la paix civile en France », peut-on conclure des déclarations précipitées d’un gouvernement affolé à l’idée que la piste islamique soit envisagée par des enquêteurs. Dans cette triste affaire, le gouvernement n’a fait que reculer le curseur d’un inévitable choc de civilisation. (2)

Le 30 septembre 1938, Daladier, Chamberlain, Mussolini et Hitler signèrent à Munich un pacte qui entérinait l’annexion des Sudètes par le Troisième Reich. En rentrant à Paris, Daladier fut, à sa grande surprise, acclamé par une foule en liesse. La paix avait été sauvée. A Alexis Leger, son ministre des Affaires Etrangères, il ne put se contenir de dire : « Ah les cons ! »

Chamberlain reçut le même accueil triomphal en Angleterre mais Churchill déclara, pour sa part, « L'Angleterre avait le choix entre le déshonneur et la guerre. Elle a choisi le déshonneur, et elle aura la guerre. » Les réactions officielles après le référendum en Suisse du 29 novembre 2009 sont une cruelle illustration de ce qui nous attend demain.

(1) Marc Mennessier « AZF un silence d’Etat » aux éditions du Seuil

(2) Samuel Huntington : "the clash of civilizations" aux éditions Simon & Schuster

mes livres publiés

  • octobre 2002 Les Déserts du Monde ouvrage collectif sous la direction d'Eve Sivadjian chez Solar et Géo
  • octobre 2003 Les Montagnes du Monde ouvrage collectif sous la direction d'Eve Sivadjian chez Solar et Géo
  • février 2007 Tome I Theodore Roosevelt : l'ascension d'un homme courageux aux éditions Le Manuscrit
  • juin 2008 Tome II Theodore Roosevelt : de Santiago de Cuba à la Maison Blanche aux éditions Le Manuscrit
  • juillet 2008 Tome III Theodore Roosevelt : la présidence impériale aux éditions Le Manuscrit
  • décembre 2011 Waffle Print Amazon.com