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This Day in History

Quotation of the Day

samedi 28 novembre 2009

La tour de Dubaï signale la fin d’un cycle économique




"Les hommes ne trébuchent pas sur des montagnes, ils tombent sur des cailloux." Vieux proverbe chinois


Alors que Wall Street était fermé en raison de la journée des actions de grâce, un tremblement de terre, d’une forte magnitude, a ébranlé, jeudi, toutes les autres places financières de la planète. L’épicentre du tremblement de terre a été localisé à Dubaï. La structure financière Dubaï World Trade Center a demandé, ce jour là, un moratoire de six mois pour éponger sa dette faramineuse, à l’échelle du pays, de 59 milliards de dollars. Comme d’habitude, les agences de notation ne nous ont pas avertis de cet imminent désastre. Il n’en fallait pas davantage pour provoquer une panique générale.

Cet émirat du Golfe Persique est dépourvu de pétrole. Mais sous la houlette de son suzerain mégalomane, il a tout misé dans l’immobilier de grand standing. Après l’ouverture, en grandes pompes, du plus luxueux hôtel de la planète, laquelle a malheureusement coïncidé avec la faillite de Lehman Brothers, l’émirat voulait se rattraper, très prochainement, avec la livraison de la plus grande tour du monde. Le Burj Dubaï, d’une hauteur prévue de 818 m, dont la construction a commencé le 21 septembre 2004, devait être livré le 4 janvier 2010. Mais six semaines avant sa livraison, un grain de sable du désert vient, subitement, de paralyser ce projet pharaonique.

Pour les profanes, Dubaï Word Trade Center serait victime d’une malédiction, comme celle qui frappa, en son temps, la compagnie maritime White Star Line qui était propriétaire de l’Olympic, du Titanic et du Britannic. Beaucoup moins connu que celui du Titanic est le drame du Britannic, transformé en hôpital durant la Première Guerre Mondiale, et qui coula, victime d’une mine allemande, au large de l’île de Kea en Grèce, le 21 novembre 1916, alors que ce bâtiment allait rapatrier des blessés sur le front des Dardanelles.

Dubaï est l’exemple type d’un mauvais investissement

Pour les tenants de l’école autrichienne, la faillite de Dubaï ne relève en rien de la malédiction de la momie de Toutankhamon qui frappa tous ceux qui avaient osé troubler son sommeil éternel. Non, les choses sont plus prosaïques que cela.

Cette faillite est un bon exemple de la théorie des mauvais investissements. En période d’euphorie, les projets les plus déraisonnables voient le jour. Le projet d’un gratte-ciel est annoncé et la construction démarre en fin de hausse du cycle économique lorsque l’économie tourne à plein rendement et que la main d’œuvre est rare. Ce qui induit une hausse substantielle des coûts de la construction. Mais comme la spéculation immobilière bat son plein temps, une forte incitation s’exerce à construire en hauteur pour pallier le coût du foncier. C’est le cas de tous les centres-villes du monde.

Un facteur aggravant est la baisse anormale des taux d’intérêt qui sont manipulés par les banques centrales. Le taux d’intérêt est le prix du renoncement au présent. Il devrait fluctuer au gré de l’offre et de la demande de crédit. Mais depuis 1913, ce marché est contrôlé par une technocratie omnipotente dont il faudra bien, un jour, se débarrasser.

La construction de gratte-ciel est inversement proportionnelle au coût du crédit.

Le projet de construction de la tour Burj Dubaï a été arrêté, en 2003, lorsque les taux d’intérêt, en Amérique ou au Japon, étaient à 1%. C’est un consortium de banques étrangères qui l’a financé. Il comprend HSBC et Standard Chartered du côté anglais, Sumitomo Mitsui Financial du côté japonais et une ribambelle de banques sud-coréennes. La Corée du Sud est la plus exposée parmi les nations engagées à Dubaï; ce qui explique pourquoi la bourse de Seoul a chuté de 6% !

Les promoteurs ont non seulement mal estimé les coûts mais aussi la rentabilité. En temps normal, lorsque les coûts du foncier, des matériaux et de la main d’œuvre sont prévisibles, les développeurs utilisent des formules éprouvées pour estimer l’économie d’un tel projet. Ces calculs sont basés sur le concept de profit net du capital. La valeur prend en considération le profit net sur une période longue de trente ou quarante ans. Mais en période de bulle immobilière, ces repères disparaissent. Il en résulte une distorsion des prix qui empêche toute probabilité sérieuse. En cas de retournement du marché (baisse des prix) il n’est pas rare que les promoteurs fassent faillite. C’est ce qui vient d’arriver à Dubaï World Trade Center.

L’index des gratte-ciel est le meilleur indice de fin de cycle

Aussi étrange que la malédiction de la momie de Toutankhamon, on s’est aperçu que la construction du plus grand gratte-ciel d’une époque donnée coïncide avec la fin d’un cycle économique. Le gratte-ciel serait donc le meilleur indicateur d’un retournement de tendance du marché. C’est ce qu’a démontré l’économiste Andrew Lawrence en s’appuyant sur les « effets de Cantillon ». Richard Cantillon fut le premier à mettre en évidence que les changements d’offre de monnaie et de crédit avaient un impact sur la structure relative des prix. D’où l’impossibilité d’établir le coût d’un grand projet s’étalant sur plusieurs années.

Cette étude trouve, évidemment, ses sources en Amérique. L’achèvement en 1892 du temple maçonnique à Chicago (le premier immeuble à dépasser une centaine de mètres) coïncida avec la plus grande contraction, sur un trimestre, du PNB américain et avec la panique subséquente de 1893. En 1898, la finition de Park Row Building à New York, d’une hauteur de 119 mètres, fut précédée par la panique financière de 1897. En 1908 fut achevé le Singer Building d’une hauteur de 187 m, un an après la grave crise financière de 1907 qui allait donner naissance à la Fed. En 1930, New York trouvait, à travers l’achèvement du magnifique Chrysler Building de style art décoratif, d’une hauteur de 319 m, un court moment de répit dans la Grande Dépression qui s’était abattue en 1929. En 1972, l’achèvement du One Word Center, 417 m, suivi, un an plus tard, par celui du Two World Center, 415 m, coïncida avec une décennie de stagflation.

Mondialisation oblige, la mode des gratte-ciel s’est exportée. En 1998, la Malaisie réceptionnait les Petronas Twin Towers, 452 m, un an après la sévère récession qui frappa l’Asie du Sud-Est. Le 26 novembre 2008, le Burj Dubaï, 818 m, marque un formidable accélérateur dans la course à la hauteur mais aussi dans les dégâts collatéraux.

A qui le tour peut-on se demander ? Une sévère récession en Chine, en 2012, avec la réception de sa tour à Shanghai ? Ou bien la banqueroute de la France quand elle se sera dotée d’une tour de 400 m au quartier de la Défense ? Avec le fils du président de la République, parachuté au conseil d’administration de l’établissement public pour l’aménagement de la Défense, les paris sont lancés.

vendredi 20 novembre 2009

La Fed sera bientôt sous la tutelle du Congrès américain


Ron Paul, un Républicain du Texas, vient d'emporter une grande victoire


Dans un article du 16 mai 2009, intitulé David contre Goliath, (1) je vous avais entretenu de la proposition de loi H.R 1207, du républicain Ron Paul à la Chambre des Représentants, relative à la transparence de la Federal Reserve Bank. Introduite le 26 février, la proposition de loi vient d’être approuvée, jeudi 19 novembre, à la commission des services financiers. Le vote à la Chambre est prévu le 1er décembre où Ron Paul dispose du soutien assuré de 309 voix sur un total de 435.

Quand les élus américains sont confrontés à des électeurs en colère…

C’est une grande victoire pour celui qui réclame depuis vingt-six ans une transparence des décisions de la Fed. Ron Paul est un franc-tireur obstiné. En mai, au moment où je me suis intéressé à sa démarche singulière, il ne disposait que du soutien de 149 Représentants répartis entre 129 Républicains et 20 Démocrates. Il a réussi la prouesse de rallier à son projet la majorité des Démocrates. La rage des Américains à l’encontre des banquiers de Wall Street explique, sans doute, ce miraculeux revirement. Les Représentants, qui vont solliciter un renouvellement de leur mandat, savent très bien ce qui les attend l’an prochain.

L’enjeu est de taille !

Depuis sa création en 1913, la Fed n’a de compte à ne rendre à personne. Seul le contrôleur général des États-Unis peut lancer un audit. C’est contraire à un principe général du droit selon lequel nul ne peut être juge et partie. En France, on baigne toujours dans la confusion des pouvoirs. C’est la Cour des Comptes qui vérifie le budget de l’État concocté par des inspecteurs des finances. Des énarques contrôlent d’autres énarques…Une situation ubuesque propre à notre pays.

La Fed dispose, à sa guise, d’une masse d’argent considérable. Si la loi est votée par le Sénat où une proposition identique (S604) a été introduite par Bernard Sanders, le même qui envisage de démanteler les méga banques (2), alors la Fed se verra imposer un plafond d’actifs de quatre trillions de dollars. Cela représente tout de même 50% du PNB des États-Unis !

« C’est bien de dire au peuple américain que le prêteur en dernier ressort ne pourra plus mettre en danger la nation » a dit Brad Sherman. Ce Démocrate de Californie a introduit un amendement exigeant que tout l’argent que la Fed a prêté aux banques lui soit remboursé un jour.

Cette disposition raisonnable fait écho à mon article du 6 février 2009, « la Fed bientôt insolvable ! », où je tirai la sonnette d’alarme en raison du rachat inconsidéré de produits toxiques par Ben Bernanke, le gouverneur de la Fed. Si nul n’est prophète en son pays, ce n’est pas pour me déplaire que quelques unes de mes idées soient reprises de l’autre côté de l’Atlantique.

La fin des opérations tordues de la Fed

Une autre pilule amère à avaler pour Bernanke prévoit un audit de la Fed, dans un délai d’un an à compter du vote de la loi, sur l’usage de ses hélicoptères (helicopter drop) qui ont arrosé les banques américaines jugées « too big too fail».

Ce monsieur s’indigne. Est-il raisonnable qu’un homme croyant tout savoir et disposant d’un pouvoir exorbitant ne soit pas contrôlé un jour ? Interrogé en mai 2006, Bernanke déclara qu’il y avait bien quelques signes de spéculation sur le prix des maisons américaines mais qu’il ne voyait pas la formation d’un bulle immobilière nationale et que l’économie ne présentait aucun danger.

Dans son livre « la face cachée des banques » (3) Eric Laurent évoque, à la page 130, l’intervention secrète d’un groupe dénommé « Plunge Protection Team » pour garantir la stabilité des marchés financiers. A plusieurs reprises, je vous ai fait part que l’indice vedette Dow Jones avait une dangereuse configuration en île renversée. Par miracle (en était-ce vraiment un ?), l’index a rebondi sur le plancher à 6500 points qu’il s’apprêtait à enfoncer. J’avais évoqué, dans la théorie de la conspiration, (4) la très probable intervention secrète de la Fed à travers le témoignage troublant d’un trader patenté, Colin Negrych, qui avait noté le rachat massif d’actions en fin de séance.

John Crudele (5), un journaliste du New York Post, a demandé les minutes de ce groupe. A l’appui de sa requête, il a invoqué le Freedom Information Act qui garantit l’accès de chaque citoyen à des documents administratifs. Cela lui a été refusé. Ron Paul a fait, en vain, la même démarche. Il a confié à Crudele : «Une enquête informelle menée auprès du ministère des Finances par notre bureau n’a rien donné. Ils prétendent que les minutes de ces réunions n’ont jamais été consignées et donc qu’elles n’existent pas.»

Ce n’est jamais bon pour une démocratie, digne de ce nom, qu'elle se retranche derrière un mauvais alibi comme celui de la stabilité des marchés financiers... Derrière ce paravent, les gens de la Fed et du gouvernement américain peuvent se prêter, en toute impunité, à toutes les magouilles pour venir en aide à leurs amis banquiers de Wall Street avec qui ils sont cul et chemise. Avant de devenir secrétaire du Trésor, Henry Paulson était le patron de la banque d’investissement Goldman Sachs qui est l’un des piliers de Wall Street. La confusion des pouvoirs ne concerne malheureusement pas que la France.

(1) Archive du 6 février 2009 : David contre Goliath
(2) Archive du 14 novembre 2009 : Démanteler des méga banques : l’idée progresse
(3) La Face Cachée des Banques par Eric Laurent aux éditions Plon
(4) Archive du 18 juillet 2009 : la théorie de la conspiration est revisitée
(5) John Crudele « No freedom of Information on the Plunge Protection Team » paru dans l’édition du 15 mai 2007 du New York Post.

samedi 14 novembre 2009

Démanteler les méga banques : l'idée progresse !


Albert Einstein (1879-1955)

Mon idée de démanteler les méga banques, que je vous ai exposées le 31 octobre, vient d’être reprise, pas plus tard que le 6 novembre, par Bernard Sanders, le sénateur du Vermont, qui a introduit un projet de loi idoine. Bernard Sanders est un indépendant. Il n’appartient pas à l’un des deux grands partis du pays. A l’appui de son projet, il a fait la déclaration suivante qui ne manque pas de bon sens : «Si une institution est trop grande pour faire faillite, alors elle est trop grande pour exister. Nous devons la démanteler afin qu’elle ne soit plus dans une position de poser un risque systémique à l’économie. »

Son projet de démanteler les méga banques intervient alors que les démocrates à la chambre des Représentants envisagent une législation similaire. Paul Kanjorski, qui préside la commission des finances, travaille sur un amendement en faveur de la création d’une agence fédérale à qui serait confié le soin de réguler la taille des établissements qui menacent l’économie…

L’amendement de ce démocrate revient à confier la clé de la cave à un alcoolique. L’origine de la crise financière se décline en trois entités fédérales : Federal Reserve Bank (Fed), Federal National Mortgage Association (Fannie Mae) et Federal Home Loan Mortgage Corporation (Freddie Mac) On ne dira jamais assez que c’est l’État et non le marché qui est responsable du désastre.

Sanders a ajouté : « Nous devons mettre fin à la concentration, laquelle a abouti à confier à quatre énormes institutions financières les deux tiers des cartes de crédit en circulation et d’amasser 40% de tous les dépôts des particuliers. »

Le projet de loi de Sanders donne au secrétaire du Trésor Timothy Geithner un délai de 90 jours pour établir une liste des banques, des assurances et des hedge funds qui sont trop grands pour faire faillite.

Jimmy Dimon, le président de la banque JP Morgan Chase, lui a emboîté le pas. Dans une déclaration, du 13 novembre, faite au Washington Post, il a dit : « la mondialisation requiert les services de grandes institutions financières. Elle requiert aussi que ces institutions soient autorisées de faire faillite. »

Il faut prendre avec des pincettes cette déclaration de circonstance. Dimon est un excellent banquier à la tête d’une banque qui serait aussi en excellente santé. Que le meilleur de la classe se prononce en faveur de l’aléa moral n’a rien d’étonnant ! En revanche, Dimon n’explique pas comment on pourrait laisser tomber une banque rivale à la sienne et qui présente un risque systémique. Il défend la taille des méga banques : « les économies d’échelle profitent aux clients, aux actionnaires et à l’économie en général par la diffusion rapide et bon marché de nouveaux produits. » Ce qui est bon pour JP Morgan Chase serait bon pour l’Amérique, en paraphrasant l’antienne de Charlie Wilson, l’ancien président de General Motors. Il a conclu en disant que « too big to fail » doit être éradiqué de notre vocabulaire.

La réponse de Dimon est insuffisante. Tant que les méga banques n’auront pas été démantelées, elles présenteront toujours un risque systémique. Dimon ne fait que défendre ses intérêts personnels dans cette affaire, tout comme d’ailleurs les inspecteurs des finances dans une France colbertiste.

Albert Einstein était non seulement un génie mais un homme rempli de bon sens qui fait tant défaut à nos élites. Il disait : « Si vous ne pouvez expliquer un concept à un enfant de six ans, c’est que vous ne le comprenez pas complètement. » Il disait aussi : « On ne résoud pas les problèmes avec ceux qui les ont créés.»

samedi 7 novembre 2009

La dégradation de la note de la France ne doit pas faire l’objet de marchandages dans les coulisses !


"Le jour où la France a fait faillite" a été écrit, en 2006, par Philippe Jaffré et Philippe Riès. Offrez le à vos amis socialistes comme cadeau de Noël !


Parmi toutes les informations de la semaine, j’ai retenu celle du site «rebelles.info» qui est parue le 5 novembre 2009. Selon une source non identifiée (et pour cause !) voici le passage qui a attiré mon attention.

« Les trois agences de notation financières les plus connues, Standard & Poor’s, Moody’s et Fitch, chargées de la notation financière des acteurs économiques sont intervenues. Elles ont fait discrètement savoir aux autorités françaises qu'un emprunt trop important de la France les obligerait à abaisser sévèrement la note de notre pays. Elle pourrait passer d'un AAA à un BBB. »

=== Commentaire===

Je vais me hasarder à faire un commentaire sur ce communiqué sensationnel. Je ne crois pas que les trois sœurs se soient concertées pour mettre en garde la marquise de Bercy. Elles perdraient leur crédibilité si elles donnaient l’impression de marcher de concert. En revanche, est-il possible que l’une d’entre elles ait averti discrètement le gouvernement français ? Je ne peux me prononcer. Là encore, cela serait contraire à leur éthique.

Le rôle d’une agence de notation n’est pas comparable à celui d’organisations internationales comme le F.M.I ou l’O.C.D.E qui, à travers des rapports annuels ou trimestriels, prodiguent des conseils ou des avertissements sur la politique économique menée par tel ou tel pays. Une agence de notation est une entreprise privée à but lucratif. Son rôle est d’informer, correctement, les acteurs économiques sur la qualité des emprunts émis par un pays ou par une entreprise.

Admettons que l’information soit vraie que l’une d’entre elles ait averti discrètement le gouvernement français. Il faut le déplorer. Il ne leur appartient pas de conseiller un quelconque gouvernement. Qu’elle laisse agir à sa guise le gouvernement français et qu’elle modifie, en conséquence, la notation qu’elle porte sur sa capacité de rembourser ou non l’emprunt en question !

Pourquoi les agences de notation sont-elles si lentes à modifier leur notation à l’égard d’un pays ?

Elles considèrent qu’une dégradation de la note aggraverait davantage la situation financière de ce pays qu’elle ne l’encouragerait à se réformer. C’est une décision grave d’abaisser la note d’un pays. Il peut y avoir des émeutes et du sang peut couler. Les agences de notation sont tout à fait conscientes de leur pouvoir exorbitant. Elles n’y consentent que lorsque la situation financière du pays en question est dramatique et qu’il n’y a plus d’espoir qu’il parvienne à redresser ses comptes. Mais ce faisant, elles encourent inévitablement le reproche des prêteurs qui se sentent floués.

Pour une indépendance absolue des agences de notation

Les agences de notation portent une grave responsabilité dans la crise des subprimes. Elles ont accordé, sans sourciller, la notation maximum à ces produits toxiques. Menacées de disparaître, elles ont réagi en durcissant leur notation. Aussi ne serais-je pas étonné qu’elles abaissent, un jour prochain, la dette de la France. A choisir entre le naufrage du Titanic et le leur, elles n’auront pas d’état d’âme.

La crédibilité est la seule raison d’être de ces agences. Si elles en sont parfaitement conscientes, elles n’ont pas pour autant l’indépendance financière qui leur permette de faire vraiment leur boulot. Une agence est encore payée par l’entreprise qui fait l’objet d’une notation. Pour rompre ce nœud gordien, je suggère la levée d’une taxe Tobin sur toutes les transactions financières internationales. Ce serait la seule façon d’assurer leur indépendance. Mais il n’est pas question que cet argent soit détourné en faveur des pays en voie de développement, comme ne cessent de le réclamer les socialistes qui sont légion en Europe. Une taxe uniforme et très basse de 0.01% sur toutes les transactions financières serait la meilleure façon d’assurer une indépendance absolue des agences de notation.

Casser le cartel des quatre sœurs américaines

Il n’y a que quatre agences qui comptent, à travers le monde, en raison des droits d’entrée exorbitants dans cette profession particulière. Les quatre sœurs américaines Fitch, Standard & Poor’s, Moody’s et A.M Best détiennent 90% du marché des notations.J’aimerais qu’il y en ait davantage pour assurer une meilleure information du marché.

En revanche, il serait dangereux de toucher à leur statut privé. Imaginez le désastre en perspective avec des fonctionnaires, forcément irresponsables en raison de leur statut juridique, notant les acteurs du marché…

mes livres publiés

  • octobre 2002 Les Déserts du Monde ouvrage collectif sous la direction d'Eve Sivadjian chez Solar et Géo
  • octobre 2003 Les Montagnes du Monde ouvrage collectif sous la direction d'Eve Sivadjian chez Solar et Géo
  • février 2007 Tome I Theodore Roosevelt : l'ascension d'un homme courageux aux éditions Le Manuscrit
  • juin 2008 Tome II Theodore Roosevelt : de Santiago de Cuba à la Maison Blanche aux éditions Le Manuscrit
  • juillet 2008 Tome III Theodore Roosevelt : la présidence impériale aux éditions Le Manuscrit
  • décembre 2011 Waffle Print Amazon.com