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This Day in History

Quotation of the Day

lundi 31 août 2009

le choc des civilisations n'aura pas lieu


Le conservateur américain Samuel Huntington (18 avril 1927 - 24 décembre 2008) fut la bête noire des pacifistes de tout poil en Europe.


Comme l'indique son nom, ce blog prend des vacances "on the trail" du 2 septembre au 4 octobre; le temps pour votre serviteur d'achever la traversée à pied et en solitaire des Appalaches. Long de 3500 kilomètres, ce sentier traverse quatorze Etats de la côte Est des Etats-Unis. Au menu de cette quatrième et dernière saison : le New Hampshire et le Maine.

Pas de radio pour m'informer des turpitudes de la civilisation occidentale, pas de téléphone portable pour demander une aide quelconque, pas de GPS (global positioning system) pour m'orienter, rien que la volonté de ne compter que sur mes propres forces et la foi placée dans l'Eternel pour me guider dans le silence des grandes forêts américaines.

A raison de dix heures de marche par jour, cela devrait m'aider à oublier que notre civilisation chrétienne est crépusculaire. "Le choc des civilisations" de Samuel Huntington n'aura pas lieu. L'Europe va tomber comme un fruit mûr sans que personne ne s'en aperçoive. Les élites couardes ont chloroformé l'opinion publique par le discours apaisant et trompeur : "Dormez braves gens ! Vous n'avez rien à craindre. Nos ennemis ne sont pas ceux que vous croyez mais les conservateurs, les faucons, les libéraux, les intégristes et j'en passe ! Nous nous en chargeons."

Le 30 août 1939, quand fut délivré l'ultimatum par le ministre allemand des Affaires Etrangères, Joachim von Ribbentrop, à l'ambassadeur anglais en poste à Berlin, Sir Nevile Meyrick Henderson, personne n'avait envie de mourir pour le corridor de Danzig. Soixante-dix ans plus tard, c'est la même tragédie qui se rejoue dans la plus grande indifférence.

Après le 11 septembre 2001, Samuel Huntington déclara : "Les événements donnent une certaine validité à mes théories. Je préfèrerais qu'il en aille autrement." Il n'en est pas allé autrement avec la politique de l'autruche, peut-on conclure, huit ans plus tard.

vendredi 28 août 2009

L’éducation nationale progressiste est à mettre au pilori


Nicholas Murray Buttler (1862-1947) était le président de l'université de Columbia où se développa la doctrine de l'éducation progressiste. Fermement opposé à la réforme, ce conservateur lucide ne put rien contre la propagande des socialistes.


« L’arrogance, la pédanterie et le dogmatisme sont les maux professionnels de ceux qui passent leur temps à orienter les esprits des jeunes. »

Henry S. Canby



Alors que la rentrée scolaire approche, il convient de se repencher sur le désastre que constitue notre éducation nationale. Longtemps j’ai crû que mai 1968 a été le début de la fin. Il n’en est rien comme le révèle ce texte de Frederic Francis DeArmond (1893-1983) publié, en 1953, aux Etats-Unis. Cela prouve, s’il en est besoin, que nous ne copions que ce qui est mauvais de ce pays. Voici la traduction intégrale de ce texte par votre serviteur.



L’éducation progressive n’est pas une idée nouvelle. Jean-Jacques Rousseau l’expérimenta au dix-huitième siècle mais sa surprenante succession d’enfants illégitimes était un trop grand handicap pour que ses idées fussent acceptées. Au dix-neuvième siècle, Johann Heinrich, un prédicateur suisse, déclara : «Nous ne devons rien lire, nous devons tout découvrir », et il expérimenta sa théorie en créant une école. Un docteur italien, Maria Montessori, la reprit à son compte et développa un système éducatif à Rome qui est maintenant mondialement connu sous le nom de méthode Montessori.

Dans chaque cas, l’objectif était le même : donner à l’enfant la liberté et l’opportunité d’apprendre «spontanément.» C’était une réaction à la règle en bois, au système d’apprentissage par cœur qui faisait de l’école un calvaire.

On est revenu de loin si l’on en juge à l’expérience vécue par une parente en Californie qui a visité récemment son fils à l’école. Elle a trouvé dans la classe quarante gamins en train de hurler, de crier et de courir comme des elfes diablotins. «Nous disputons un concours d’épellation,» l’informa l’instituteur. «C’est une course de relais : chaque équipe transporte des lettres.»

Une autre parente inquiète a rendu visite à l’instituteur parce que sa fille, après quatre années d’école, ne peut pas réaliser la plus simple addition. « Il n’y a rien de mauvais à cela », lui a-t-on dit pour la rassurer. « Attendez que les enfants éprouvent le besoin d’apprendre. » Mais cette assurance gratuite n’a pas suffi pas à calmer l'inquiétude de la mère.

Le mouvement d’éducation progressiste commença en Amérique avec le philosophe John Dewey. Dewey et ses disciples étaient convaincus que l’éducation devait ressembler au monde des adultes, et que chaque classe d’école devait être le plus proche possible d’une société en miniature. Ils prétendaient que les impulsions naturelles des enfants devaient être encouragées ; "un enfant se développe mieux", affirmaient-ils, "s’il goûte à beaucoup de victoires et à très peu de défaites."

Un petit groupe de gens, appelé « les penseurs de la frontière », développa à l’université de Columbia la doctrine de Dewey. Des noms éminents de ce groupe étaient William Heard Kilpatrick, Georges S. Counts, Goodwin Watson, Jesse Newlon, Harold Rugg et George W. Hartmann. Ils étaient de fervents disciples de réforme, et leur influence fut profonde.

Les réformes, qu’ils préconisaient, furent accueillies comme des idées grisantes par des instituteurs inaptes ou inexpérimentés, et entre les mains de proviseurs elles pouvaient facilement aboutir à des débordements extrêmement pervers. C’est ce qui se passa. C’est un malheur que la profession d’enseignant ait trop bien suivi les innovations de John Dewey.

Le sevrage de sucettes

Les Deweyens prêchent que l’éducation doit être un plaisant divertissement pour les écoliers au lieu d’une tache rébarbative. Un public effaré a appris de ces pédagogues la valeur émotionnelle de telles choses que le crachat. « Les enfants souffrent du sevrage intellectuel de sucettes. » Comme un enseignant dissident l’a avoué : « Il y a un trop grand enthousiasme pour la méthode. Certains d’entre eux nous ne sont plus que des baby-sitters. »

Cette emphase, éloignée des outils essentiels de l’apprentissage (lire, écrire et compter), a permis à de jeunes esprits de grandir dans une jungle de mauvaises herbes. Des instituteurs de la vielle école avaient insisté sur la valeur de la discipline, à la fois mentale et morale. Quand la discipline, qui est la clé de voute de l’éducation, fut abandonnée, le travail le fut aussi. Mais il advint que sans le travail, l’écolier moyen n’apprenait plus ni à lire, ni à écrire, ni à épeler ou à compter avec facilité.

Contrairement à la promesse des réformateurs, ces accomplissements ne se produisent ni spontanément ni facilement. Maria Montessori avait dit qu’à l’âge de quatre ans un enfant apprendrait sans effort à lire, à cinq ans à jouer avec les chiffres, et à six ans à extraire la racine carrée d'un nombre. Cela ne s’est pas réalisé. En fait, si l’erreur n’est pas corrigée, les trois outils devront être enseignés au collège. Sans ces outils basiques d’apprentissage, une éducation supérieure est contrecarrée.

D’un point de vue moral, les résultats sont également désastreux. La vieille école était une sorte de réplique de la vie, avec l’instituteur personnifiant la loi et l’autorité que tous les citoyens doivent reconnaître. Avec l’avènement de ce que les réformateurs appellent la « démocratie » de la classe, les élèves ont grandi avec une impression complètement fausse de la vie. Après des années à faire ce qui lui plait, un jeune homme cherche un travail ou est enrôlé dans l’armée, et, pour la première fois de sa vie, entre en contact avec la discipline et l’autorité. C’est un choc pour lui.

Nicholas Murray Butler (1)(le président de l’université de Columbia où le mouvement est né) réagit fortement. Il lui était difficile de comprendre qu'une «doctrine grotesque» pouvait avoir un tel écho. Voici ce qu’il déclara.

« Le plan d’action ou plutôt de non-action va, dans sa forme extrême, priver l’enfant de son héritage spirituel, social et intellectuel, et le renvoyer au jardin d’Eve où il aura tout à reconstruire la vie d’un homme civilisé. Il ne doit pas lui être demandé de faire ce qu’il n’aime pas. Il ne doit pas être soumis à la discipline des bonnes manières et d’une morale décente. »

Le docteur Robert Hutchins, quand il était président de l’université de Chicago, attaqua également les tenants de l’éducation progressive – en particulier, sa tendance «démocratique» à servir le même menu débile à ceux qui ont des capacités faibles, moyennes ou supérieures. La révolte grandit dans de telles proportions que mademoiselle Isabelle Buckley de Los Angeles attira une attention nationale avec son école privée baptisée «no nonsense» (pas de balivernes!), lorsqu’elle retourna aux fondamentaux et demanda à ses élèves de travailler.

Quand le pouvoir politique s'immisce dans l’éducation

Mais il y avait un aspect plus dangereux du mouvement «progressiste». Les «penseurs de la frontière» avaient couplé les méthodes révolutionnaires d’enseignement au socialisme et aux idées collectivistes.

Lors d’une réunion tenue, en 1933, à l’université de Columbia (Harold Rugg était son président), le collège des instituteurs dissémina la politique dans l’enseignement. Il fut affirmé que le profit était une excroissance du corps politique, comme John Dewey l’a longtemps crû. A cette réunion, l’association d’éducation progressive fut érigée en instrument de propagande pour attaquer le système capitaliste avec l’objectif d’introduire un nouvel ordre social aux Etats-Unis.

Le groupe noyauta l’association conservatrice d’éducation nationale existante, qui, plus tard, annonça officiellement que le « moribond laissez-faire doit être complètement détruit. » L’association d’éducation progressiste devint un modèle pour le socialiste anglais radical Harold Laski qui congratula l’organisation pour sa contribution à l’élaboration d’une Amérique socialiste. «Elle peut prospérer dans une société seulement où le socialisme est accepté comme un mode de vie », déclara-t-il, « par sa critique directe des idées qui ont établi une Amérique capitaliste. »

Le nivellement par l’ignorance

Nous ne savons pas encore jusqu’où peut aller cet endoctrinement politique mais nous avons les moyens d'évaluer les conséquences de l’éducation progressiste sur la nation.

Les sondages de l’institut Gallup rapportent que 40% des adultes américains ne savent pas ce qu’est un tarif, un Américain sur quatre n’a pas la moindre idée de l’inflation, le terme de « filibuster » (procédure pour retarder l’adoption d’un texte de loi par l’opposition) serait d’origine grecque pour la moitié des votants, pour deux tiers d’entre eux « une grève juridictionnelle » n’a pas d’importance, et seulement un votant sur quatre connait le principe du collège électoral. Plus surprenante encore, au regard de la mode de voyager, c'est l’ignorance des collégiens envers la géographie de leur pays.

Moins de la moitié des étudiants interrogés par un reporter du New York Times ont une idée approximative de la population des Etats-Unis. Seulement 17% sont capables de donner les noms des États traversés en prenant la route la plus directe de Minneapolis à Seattle.


Le réquisitoire de l’éducation progressiste, c'est qu’elle a produit une génération qui n’est plus capable du moindre discernement et qui est une proie facile des démagogues. Il n’existe plus de corrélation entre le degré de culture d’un citoyen et sa résistance à la propagande. Il est aussi facile de vendre une loi de circonstance à un homme diplômé qu’à un travailleur illettré travaillant dans les champs de coton.

John Dewey pensait avoir trouvé un raccourci à un système qui devait entraîner les étudiants à penser. Cela n’a pas marché. Canon Bernard Iddings a dit : « Les produits de nos écoles, pour la plupart d’entre eux, sont incapables de penser et d’agir intelligemment, honnêtement, et bravement dans une situation difficile. » Aucune mise en accusation aussi radicale de l’éducation progressiste ne saurait être mieux formulée.


===Commentaire===

Ce texte, vieux de 56 ans, convient parfaitement à la France, d’aujourd’hui, manipulée par des démagogues qui n’ont rien à craindre d’une opinion publique abrutie par une éducation nationale progressiste et par une télévision débile.

La seule façon de remonter la pente est de supprimer le monopole de l’éducation nationale progressiste et de donner un chèque-éducation aux parents qui le veulent bien pour offrir un autre avenir à leurs enfants.


(1) Nicholas Murray Butler apparaît au tome III « La présidence Impériale » que j’ai consacré au président Théodore Roosevelt. Invité à la cour d’Allemagne, l’empereur Guillaume II lui demanda qui était en charge de l’économie dans son pays, et Butler de lui répondre sans détour «Dieu.» Cette réponse lapidaire montre que l’on peut faire l’économie d’un ministère de ce nom en France. L’économie n’a pas besoin de tuteur.

jeudi 27 août 2009

Bernanke se prend pour Dieu !



"L'homme ne désire pas la connaissance mais la certitude."

Bertrand Russell




Cette semaine a été marquée par l’annonce prématurée, le 25 août, d’un renouvelement du mandat de Ben Bernanke à la tête de la toute puissante Federal Reserve Bank. Son mandat n’expire que le 31 janvier 2010 mais le président Obama a préféré prendre les devants, sans doute pour rassurer le marché. Mais à quel marché fait référence cette nomination ?

La plus belle justification du marché émane de l’église. Le cardinal espagnol Juan de Lugo (1583-1660) écrivit : « le juste prix dépend de tant de facteurs qu’il ne peut être connu que de Dieu ! » Quelques années auparavant, Juan de Salas, un jésuite espagnol de l’école de Salamanque, avait conclu que les facteurs contribuant à élaborer un prix du marché sont si complexes que « seul Dieu, mais pas un homme, peut les comprendre ! » Dans la théologie des scolastiques de Salamanque, le « juste prix » résulte de l’interaction des acheteurs et des vendeurs. Les tentatives pour établir un prix étaient considérées avec beaucoup de scepticisme par les Jésuites. Ces tentatives n’étaient-elle pas une usurpation du pouvoir de Dieu ?

En quoi le débat d’un petit groupe de Jésuites de l’école de Salamanque, qui a duré deux siècles, peut-il nous intéresser de nos jours ?

Il y aura bientôt vingt ans, le 9 novembre 1989, s’écroulait un ordre économique basé sur la planification. Ce modèle avait la prétention de remplacer le « chaos » du marché pour améliorer le sort des ménages. Bien que cet ordre totalitaire ait disparu pour le plus grand bien des Russes, il s’est acclimaté en France. Avec une rare conviction, le président de la République a déclaré que les bonus des traders vont faire l’objet d’une réglementation.

Si l’on cherche les causes de la chute du communisme, on s’aperçoit que c’est une usurpation totale du rôle de l'Eternel. Le débat casuistique des Jésuites a été repris au XX siècle par des économistes et des sociologues tels que Ludwig von Mises, Max Weber, Vilfredo Pareto ou Friedrich von Hayek pour ne citer que les plus connus. Ces gens qui ont passé leur vie à réfléchir (et non pas à communiquer) ont clairement averti les technocrates en charge de la planification, qu’en abolissant la propriété privée et les libertés individuelles, ils abolissaient aussi les prix. Ainsi un litre de lait (matière première) valait plus cher qu’un litre de yaourt (produit dérivé). On constate de semblables aberrations avec le monopole de la sécurité sociale en France. Ainsi un docteur généraliste gagne moins qu'un plombier. Le docteur, qui est hautement qualifié, ne peut pas établir le prix d'une consultation alors que le plombier, beaucoup moins qualifié que lui, le peut pour son intervention à domicile.

Quelle est la signification du débat casuistique des Jésuites dans le contexte de la crise de 2008 ?

Depuis bientôt un siècle (2013) existe au centre de l’économie mondiale une institution prétendant être capable de résoudre le même problème épistémologique que les théologiens de l’école de Salamanque considéraient insolvable. Cette institution est la Federal Reserve Bank des Etats-Unis. A l’issue d’un débat feutré qui se tient toutes les six semaines, le cénacle des douze gouverneurs annonce au reste de la planète que le taux d’intérêt qui ne représente que le prix d’un produit (la monnaie) sera de tant pour la période donnée. En suivant la logique des Jésuites, réguler le prix à travers une autorité centrale, investie de tous les pouvoirs, s'apparente à un blasphème.

Certains ricaneront de cette comparaison hardie mais en se plaçant stricto sensus dans la sphère économique, elle ne l'est point. Que représente le taux d’intérêt si non le prix spécifique d’une marchandise ? Si la monnaie est une marchandise (un moyen d'échapper au troc) pourquoi n'obéirait-elle pas à la loi d’airain du marché ? Les autres marchandises, que ce soit du blé ou du sucre, sont bien échangées sur un marché qui établit un prix. Pourquoi devrait la production de monnaie être un monopole de la banque centrale ?

Cela nous ramène à la cause profonde de la crise de 2008. Contrairement aux affirmations des Keynésiens et des Marxistes, elle n’est pas la faillite d’un ordre néo-libéral. Elle est le fruit inévitable d’une planification centralisée. Si les gouverneurs des banques centrales étaient des Dieux, ils auraient ajusté les taux d’intérêt pour éviter la formation des bulles spéculatives ou pour empêcher une récession. Mais comme ils n’y parviennent jamais, c’est bien la preuve qu’ils n’en savent pas plus que les Jésuites qui, eux, étaient assez humbles pour reconnaître que le prix du marché est une question insolvable à l'échelle humaine. Ce n’est pas étonnant quand on sait qu’il s’agit de l’interaction de millions de paramètres.

Quelle est la différence entre les Etats-Unis et l’ex Union soviétique ?

Elle n'est pas de nature mais de degré. Dans l’ex Union Soviétique, les planificateurs s’intéressaient à toutes les marchandises et à tous les services. Aux Etats-Unis, les planificateurs ne s’intéressent qu’à la production de monnaie...

L’emprise de la technostructure s’est aggravée avec le décret du président Franklin Delano Roosevelt, le 5 avril 1933, d'interdire la détention d’or par les citoyens américains, puis avec la décision du président Richard Nixon, le 15 août 1971, de mettre fin au Gold Standard. Privée de ce point de repère essentiel que constitue l’or, la Fed navigue depuis entre Charybde (inflation) et Scylla (récession)

Depuis la création de la Fed en 1913, le dollar a perdu 97% de son pouvoir d’achat. Voilà la beauté d’une monnaie manipulée par la technostructure. On ne dira jamais que la destruction de 97% du billet vert est l’œuvre de Satan. Ce serait injuste. Tout le monde (croyants, infidèles, agnostiques et athées) s’accordera au moins sur ce point.

dimanche 23 août 2009

La haine des partageux n’a d’égale que leur impuissance



Louis Antoine Léon de Saint Just (1767-1794) surnommé l'archange de la révolution, déclara : "Ceux qui font les révolutions à moitié n'ont fait que creuser un tombeau."

"L'indignation morale est, dans la plupart des cas, 2% véritablement morale, 48% d'indignation et 50% d'envie."

Vittorio de Sica

L’index Dow Jones Industrial a cloture vendredi 21 août 2009 à 9505 points. Il a gagné 198 points ou 2% dans la semaine écoulée. Cette hausse coïncide avec le symposium économique qui se tient chaque année, la troisième semaine d’août, à Jackson Hole dans le Wyoming.

Ben Bernanke dans le rôle de Ponce Pilate

Ben Bernanke a profité de cette réunion pour se laver de tout soupçon dans le déclenchement de la crise financière. Je cite un passage de son discours du 21 août 2009 : « Le cas de la banque d’investissement Lehman Brothers fut d’une exceptionnelle difficulté. Les tentatives d’un gouvernement concerné pour trouver un acheteur de la compagnie ou pour trouver une solution industrielle s’avérèrent inefficaces. Les collatéraux disponibles de la compagnie étaient en dessous du montant dont la société avait besoin pour bénéficier d’un crédit de la Federal Reserve. Comme la Fed ne peut pas faire de prêt non garanti, et que le gouvernement, dans son ensemble, n’a pas vocation à intervenir ou la capacité d’injecter le capital (sic !), la faillite de la firme était, malheureusement, inévitable. »

C’est une piètre défense de celui qui porte une lourde responsabilité avec son compère Henry Paulson, l’ancien Secrétaire au Trésor, dans le déclenchement de l’explosion nucléaire du marché. Bernanke est un fieffé menteur. Il ne fallait qu’une vingtaine de milliards pour sauver Lehman Brothers de la faillite. En voulant rétablir tardivement l’aléa moral, il a déclenché une crise financière sans précédent.

Plus loin dans son discours : “Dans le cas de la compagnie d’assurance American International Group (AIG) la Federal Reserve a jugé que les avoirs financiers de la compagnie étaient adéquats pour assurer une ligne de crédit de 85 milliards de dollars, suffisante pour empêcher sa faillite imminente. Parce que AIG était la contrepartie de beaucoup de grandes firmes financières, sa brutale faillite aurait intensifié la crise. »

Après avoir voulu faire un exemple avec Lehman Brothers, Bernanke s’est rendu compte qu’une grande banque pouvait entraîner une cascade de faillites. Il s’est rangé à l’adage «too big too fail !» avec A.I.G. Ainsi les grandes banques pourront continuer à prendre d’énormes risques au détriment des contribuables et à distribuer des bonus extravagants à leurs traders.

Les Keynésiens sont dépassés par les événements.

La marquise de Bercy et le président Obama n’ont pas compris que les bonus des traders ne sont que la conséquence de l’injection massive de liquidités de la part des banques centrales. Si vous voulez que les bonus des traders redeviennent raisonnables, ce n’est ni en morigénant les banquiers ni en brandissant la menace d’une énième régulation, mais en fermant le robinet de la création monétaire et en rétablissant l’aléa moral que vous y parviendrez. Pour que la menace de ne plus venir au secours d’une banque soit crédible, il faut qu’aucune banque ne dépasse une taille critique de 10% du P.N.B du pays concerné. On est loin de ce ratio prudent en France. La dette de Paribas de 1761 milliards d’euros représente 85% du Produit National Brut. C’est la fable de la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf.

Des différents G bidule (G4, G20) inventés par le locataire de l’Elysée pour se donner le beau rôle dans la crise après son retournement de veste lors de son discours à Toulon le 25 septembre 2008 (1) , il n’a jamais été évoqué les deux mesures que je préconise et qui vont à l’encontre de la pensée keynésienne et marxiste qui règne en France.

La haine des partageux n’a d’égale que leur impuissance

Les cigales n’ont plus un kopek dans leurs caisses. Elles préfèrent s’acharner sur les paradis fiscaux qui ne sont nullement responsables du déclenchement de la crise financière. Elles se donnent ainsi une bonne conscience vis-à-vis des ménages qui n’arrivent plus à joindre les deux bouts à cause de l’immense gâchis provoqué par l’Etat providence. Gare aux populistes, de part et d’autre de l’Atlantique, qui attisent la jalousie et la haine à l’encontre des riches et des banquiers ! Cela pourrait se retourner contre eux un jour, pas plus tard qu’un certain mardi 2 novembre 2010 lors des prochaines élections du Congrès américain. Une haine passionnée peut donner un sens et un but à une existence vide, disait Eric Hoffer

(1) Sarkozy : ses balivernes et ses fanfaronnades par Thierry Desjardins aux éditions Fayard

lundi 17 août 2009

Les Cendres d’Angelo



L’homme qui a donné un visage à la crise financière


enquête menée par Connie Bruck et parue dans le New Yorker du 29 juin 2009, traduction intégrale par votre serviteur


Six ans en arrière, Countrywide Financial Corporation était regardée avec admiration par le monde des affaires. Fortune publia une histoire en septembre 2003, appelée « Faites connaissance avec l’action qui pris 23000 %», et racontait que «Countrywide est l’action qui a réalisé la meilleure performance du secteur financier de l’indice Fortune 500, mesuré depuis le départ du grand marché haussier depuis deux décennies. » Les actionnaires qui auraient investi mille dollars en 1982, auraient, en 2003, récolté deux-cent trente mille dollars. Fortune nota aussi que Countrywide devait réaliser cette année là quatre cent milliards de dollars en prêts hypothécaires et enregistrer dessus un bénéfice de 1.9 milliards de dollars – excédant très largement les profits de Walt Disney et de McDonald’s. (Countrywide surpassa les prévisions, en gagnant 2.4 milliards de dollars) Personne n’avait une plus grande estime pour le succès de Countrywide qu’Angelo Mozilo, son président plein d’égards pour lui-même. « J’adore Warren », disait-il parfois, avant d’ajouter qu’un investisseur de Countrywide aurait fait beaucoup mieux qu’un investisseur de Berkshire Hathaway, la société de Buffet.

Mozilo fit plutôt bien pour lui-même. En 2003, il reçut trente-trois millions de dollars de compensation, qui incluaient une allocation pour son usage personnel de l’avion de la société et plus de quatre-vingt quinze mille dollars de droits d’entrée dans des clubs huppés. Il était important pour lui que sa compensation soit comparable à celle des chefs d’entreprise des grandes banques américaines. Les banquiers aux chaussures blanches de Wall Street regardaient avec condescendance Mozilo, le banquier de prêts hypothécaires de Los Angeles, avec son collier en or, ses chemises blanches amidonnées, ses costumes taillés et ses voitures de luxe. Ils n’aimaient pas ses fanfaronnades et ne l’invitèrent pas à leurs clubs privés. Mais en 2003 Wall Street était devenu dépendant des prêts hypothécaires, que les banquiers utilisaient pour créer des actions adossées à des prêts qui étaient immensément lucratives et, plus tard, collaterized debt obligations (C.D.O dans le jargon de Wall Street) et Countrywide était leur plus grand pourvoyeur. Soudainement, Mozilo parut presque un initié.

Mozilo avait gagné le contrôle total de Countrywide en 2000, après le départ à la retraite de son partenaire, David Loeb, et il goûtait cette liberté. La compagnie avait déménagé récemment son siège de Pasadena à Calabasas, à une heure de route au nord du centre-ville de Los Angeles, où il occupait une villa tentaculaire de style méditerranéen au pied des montagnes de Santa Monica. Les bureaux des dirigeants étaient au troisième étage, où les couloirs étaient remplis de toiles de l’école de l’Hudson, tels que Thomas Cole, Frederic Edwin Church, et d’autres. Dans la salle à manger des dirigeants, le déjeuner était servi tous les jours, à une longue table de vingt couverts, avec Mozilo à la tête. Il s’était fait des centaines d’amis au cours des années (incluant notamment Jim Johnson, l’ancien dirigeant de Fannie Mae, Vernon Jordan, le procureur, Ken Langone, un co-fondateur de Home Depot, et Jerry Weintraub, le producteur de Hollywood) Si l’un de ses amis avait besoin d’un prêt hypothécaire, il lui assurait qu’il serait très bien traité, et le dirigeait vers le programme de prêts, connu des initiés de Countrywide, comme celui des Amis d’Angelo (F.O.A) Le programme personnel de prêts de Mozilo n’était pas limité à l’élite ; parmi les membres de F.O.A on trouvait un chef cuisinier que Mozilo aimait, un serveur, son tailleur, un chauffeur de taxi de New York, un caddie qu’il avait rencontré un jour sur un terrain de golf, et beaucoup d’autres que l’invétéré vendeur de prêts hypothécaires avait rencontré sur son chemin.

Sous la houlette de Mozilo, la croissance de Countrywide avait été sensationnelle. Entre 2000 et 2003, la compagnie tripla ses effectifs, à plus de trente-quatre mille employés. La compagnie changea de nom : de Countrywide Credit Industries à Countrywide Financial Corporation – une proclamation qu’elle n’était plus une simple compagnie hypothécaire. Devenue une société de services pleinement diversifiée, elle possédait une banque, vendait des titres d’assurance et des actions. Les prêts, néanmoins, demeuraient le cœur de son business, et, selon Inside Mortgage Finance, elle était devenue le troisième plus grand pourvoyeur de prêts hypothécaires en Amérique, après Wells Fargo et Washington Mutual. Mozilo voulait que Countrywide, auquel il se référait toujours comme étant son «bébé», devienne le numéro un, une position qu’elle a occupée brièvement, au début des années quatre-vingt dix, avant d’être dépassée par la compétition. Mozilo visait à conquérir une part de marché – de 30% à 40% - qui était beaucoup plus grande que celle jamais atteinte par une société de l’industrie des services financiers. S’il réussissait, les rivaux de Countrywide auraient été sévèrement diminués et son hégémonie assurée. Mozilo avait toujours voulu construire une compagnie qui durerait plus d’un siècle.

Pendant plusieurs années, Countrywide continua à prospérer. En 2004, la compagnie dépassa Wells Fargo pour devenir le numéro un de la profession. En 2005, Fortune plaça Countrywide sur sa liste des « compagnies les plus admirées », et Barron’s nomma Mozilo comme l’un des trente plus grands chefs d’entreprise du monde. L’année suivante, American Banker lui décerna le prix d’achèvement d’une vie entière. Mais, au cours de l’année 2007, les défauts sur les subprimes escaladèrent rapidement, et les banquiers de Wall Street abandonnèrent les mortgage-backed securities qu’ils vénéraient, et leurs fournisseurs également. En août, ils coupèrent les lignes de crédit de Countrywide, une mesure qui restreignit ses capacités d’opération, et quelques mois plus tard Mozilo fut contraint de choisir entre la banqueroute ou d’être acquis par Bank of America. (En janvier 2008, Bank of America annonça qu’elle était prête à acheter la compagnie pour quatre milliards de dollars, une fraction de ce que valait Countrywide à son pic)

Angelo Mozilo fait l’objet de plus d’une centaine de plaintes civiles et il est aussi la cible d’une enquête criminelle. Le 4 juin, la Security and Exchange Commission (S.E.C), dans un procès en civil, accusa Mozilo, Davide Sambol (un ancien président de Countrywide) et Eric Sieracki (l’ancien chef comptable) de fraude, allégeant qu’ils avaient caché la nature très risquée des produits dérivés aux actionnaires. Mozilo fut aussi inculpé de délit d’initié. Des messages électroniques cités dans la plainte montraient que Mozilo déplorait en privé les grands risques que présentaient les prêts pour la cotation de sa société alors qu’en public il vantait les grands critères de sa société. La plainte semblait formaliser une inculpation de Mozilo qui est l’icône de la rapacité et de la cupidité, le principal vilain à l’origine de l’effondrement de l’économie. Mozilo n’est guère le bouc-émissaire, mais ses fautes, aussi réelles qu’elle soient, ont masqué celles des autres chefs d’entreprise de sociétés ayant fait faillite, comme Bear Stearns, Merrill Lynch et Lehman Brothers, tous des grands acteurs dans les subprimes. En janvier, le sénateur Charles Schumer, un membre du comité bancaire qui fut pendant des mois silencieux au sujet des banquiers de Wall Street qui ont été ses principaux contributeurs de campagne électorale, déclara qu’il voulait voir Mozilo « bouillir dans l’huile d’olive. »

De nos jours, Mozilo, qui est âgé de soixante-dix ans, passe le plus clair de son temps chez lui, dans une grande villa de style hispanique, dans un quartier résidentiel gardé, et au Sherwood Country Club, près du terrain de golf où Countrywide avait l’habitude de sponsoriser le Target World Challenge avec Tiger Woods. Le monde de Mozilo s’est sensiblement réduit. L’ancien accro de journaux est si en colère par la couverture des médias à son égard qu’il a abandonné ses abonnements au New York Times, au Wall Street Journal, et lit seulement le Financial Times. Les rangs de ses amis se sont clairsemés, et ceux qui sont restés lui disent qu’ils se sont presque battus pour le défendre. Il a reçu de nombreuses menaces de mort. Mozilo a considérablement vieilli, et il ne flashe plus ce qu’un ancien employé décrivait comme son « sourire de dix mille watts. »

Angelo Mozilo commença à travailler dans la boucherie de son père, dans le Bronx, quand il avait dix ans. A quatorze ans, il obtint un boulot de messager d’une petite firme de prêts hypothécaires de midtown Manhattan. Il fut rapidement promu. Il vit ce travail comme un moyen d’échapper à la vie qu’on lui avait tracée. Son père, qui était le fils d’un immigré italien, et qui n’avait pas de certificat d’études primaires, voulait qu’il travaille avec lui plutôt de poursuivre des études. Mais sa mère qui avait été une bonne écolière, et qui ne s’était jamais remise lorsque son père la retira de son école après qu’une de ses collègues se trouva enceinte, fut contrainte de travailler dans une usine, à coudre des fermetures-éclair de jupes. Elle était déterminée que ses enfants aillent au collège, et tous les cinq y allèrent.

Mozilo obtint son diplôme de l’université de Fordham, dans le Bronx, en 1960. Cette année-là, il rencontra David Loeb. Il avait une compagnie de prêts hypothécaires qui venait d’absorber la société dans laquelle Mozilo avait travaillé comme messager. La nouvelle compagnie envoya Mozilo à Virginia Beach et ensuite à Orlando. Il n’était jamais sorti de son Bronx, et des années plus tard il raconta à des amis que cela avait été une période difficile pour un Italo-Américain à la peau brune dans ces communautés. A Virginia Beach, le club local, où se réunissaient les hommes d’affaires, refusa son admission, et, à Orlando, il éprouva des difficultés à vendre des prêts hypothécaires avant de rencontrer un groupe de juifs dans l’immobilier qui ne pouvaient trouver de financement. A sa sœur Lori qui me l’a raconté, Angelo a dit aux juifs : « Personne ne veut travailler avec vous, personne ne veut travailler avec moi, alors travaillons ensemble. » Il était toujours cet Italien que personne n’acceptait. Elle a rajouté : « Quand il est tanné, il devient vraiment noir. Ma mère m’a raconté que lorsqu’il travaillait en Floride, on lui demandait de s’asseoir à l’arrière des bus comme tous les Noirs. »

En 1968, Loeb, qui avait quinze ans de plus que Mozilo, lui proposa de créer ensemble une nouvelle société. Loeb raconta à National Mortgage News que Mozilo «était un artiste comme on en rencontre peu dans la profession. » Ils devisèrent les plans de la compagnie sur la table de cuisine de son appartement. Loeb dit qu’il investirait trois cent cinquante mille dollars et que Mozilo mettrait cent mille dollars de sa poche. Mozilo n’avait que vingt-cinq mille dollars sur son compte d’épargne. Il emprunta soixante-quinze mille dollars à un banquier qu’il avait rencontré en Floride. Loeb envoya Mozilo à Los Angeles, qui était, comme maintenant, le plus gros marché avec 25% des prêts hypothécaires accordés en Californie, pour ouvrir un petit bureau sur le boulevard Wilshire. Pendant les cinq premières années, Mozilo ne put faire venir sa femme et ses enfants du Bronx, et la nouvelle société, nommée incongrûment Countrywide, réussit à peine à survivre.

Mais Loeb et Mozilo prirent une approche nouvelle du business, et, à la fin des années soixante-dix, leurs efforts commencèrent à payer. « Countrywide était un David qui pourfendait les Goliaths », dit Sy Jacobs, un ancien analyste de Wall Street, qui commença à suivre Countrywide dans les années quatre-vingt. «C’était une société plus petite et plus agile mais qui avait un grand handicap face aux grandes qui bénéficiaient d’économie d’échelle dans l’industrie. Concernant les rivales qui étaient diversifiées, le message de Countrywide était le suivant : « Toute cette idée d’être un supermarché financier n’a pas de sens. Nous pensons à une seule chose : abaisser le plus possible les coûts sans prendre de risques. »

Countrywide était une banque hypothécaire, et, contrairement aux banques commerciales et aux caisses d’épargne, elle n’avait pas de licence pour prendre des dépôts, aussi devait-elle financer ses prêts en empruntant de l’argent à court terme. Elle accordait des prêts, qu’elle revendait rapidement à d’autres institutions. Pendant beaucoup d’années, elle servit ses plus grands bayeurs qui étaient Fannie Mae, Freddie Mac et Ginnie Mae. En éliminant les vendeurs à la commission, Countrywide était capable d’abaisser le prix de ses prêts. Dans les années quatre-vingt, elle automatisa une grand part de son travail, en utilisant des ordinateurs à un temps où peu d’autres prêteurs en avaient. Mozilo aimait dire que Countrywide était une société technologique qui faisait des prêts.

Contrairement au réticent Loeb qui venait rarement au bureau, préférant communiquer avec ses lieutenants par téléphone, Mozilo aimait motiver ses employés, en délivrant des discours, et en parlant aux analystes et à la presse. Il conduisait la compagnie comme s’il en était le seul propriétaire, même en contrôlant les employés qui arrivaient en retard au bureau. Au milieu des années quatre-vingt, après avoir perdu la première place, Mozilo perçut sa compagnie comme si elle était engagée dans une épreuve implacable pour la domination de l’industrie. « Les compétiteurs nous enlèvent le pain de la bouche ! » protestait Mozilo. « Regardez de l’autre côté de la rue cette personne qui se rend chez Wells Fargo », urgeait-il à ses employés. «C’est le cadeau que vous ne pourrez offrir à vos enfants ! » Il devint enragé s’il suspectait qu’un employé important ne partage pas sa motivation. Comme il le dit à un cadre, « Si vous n’arrêtez pas de faire de votre division la plus grande et la meilleure, alors c’est votre arrêt de mort ! » Si un employé vint à lui et lui confessa qu’il envisageait de divorcer, il lui conseillait de ne pas le faire. Mozilo et sa femme, Phyllis, se sont rencontré dans le Bronx ; ils se sont mariés très jeunes. Ils ont cinq enfants et neuf petits-enfants. Mozilo remarquait parfois que nombre de ses amis avaient une seconde ou une troisième épouse qui était grande et blonde. Il avait une réticence à parler avec elles séparément.

Mais Loeb contrôlait beaucoup la société. Il était son stratège et son manager de risques, Mozilo son chef commercial. « Dave était un type versé dans les chiffres, une personnalité entêtée et généralement suspicieuse de la production de la compagnie » dit un ancien cadre de Countrywide. « Cela empêchait les gens de la production de s’emparer des opérations. » Des cadres plus jeunes qui ne voyaient Loeb que lors de la retraite annuelle de la compagnie, à Ojai Valley Inn, le trouvaient détaché, une figure opaque, mais sa vision du risque était absolument claire. Un cadre se rappelle l’admonestation de Loeb à ces réunions. Il aimait répéter « Gardez votre poudre sèche et vivez pour combattre le lendemain. » La prudence de Loeb était plus forte au début des années quatre-vingt quand Countrywide refusa d’offrir ces prêts risqués.

Juste après avoir démarré Countrywide, Mozilo dit à Loeb qu’il voulait que tous les employés de la société sentent que les prêts hypothécaires n’étaient pas de simples prêts mais un moyen d’améliorer la vie des gens. La compagnie, croyait-il, devait faire des efforts pour abaisser les barrières aux minorités et aux autres qui avaient été exclues du droit de propriété, arguant que ce n’était pas seulement de l’altruisme mais aussi un bon plan pour le business. Loeb était de marbre mais il n’objecta pas. Dans les milliers de discours que Mozilo a donnés, il s’est presque toujours décrit lui-même comme le fils d’un boucher du Bronx dont la famille était trop pauvre pour s’offrir une maison.

En dépit des idéaux de Mozilo, Countrywide n’avait pas une bonne réputation de prêter de l’argent à des minorités. En 1992, juste après que Mozilo devint le président de l’association des banques hypothécaires, la banque fédérale de Boston publia un rapport évoquant une discrimination systématique à l’égard des emprunteurs afro-américains et hispaniques. Robert Gnaizda, un ancien conseiller de l’institut Greenlining, une organisation non lucrative qui s’est spécialisée dans les droits des minorités, envoya ce rapport à Mozilo et à d’autres banquiers. « J’ai reçu une réponse dure de Mozilo », m’a dit Gnaizda. En privé, toutefois, Mozilo fut consterné. Il ordonna que toutes les statistiques de Countrywide concernant des demandes rejetées de minorités lui fussent transmises, et il approuva rétroactivement la moitié d’entre elles. Puis il envoya des Afro-américains, posant comme des emprunteurs potentiels – il les appela « mystérieux clients » - aux branches de Countrywide, et conclut qu’ils étaient effectivement traités différemment des emprunteurs blancs.

Countrywde ouvrit de nouveaux bureaux en centre-villes, créa des centres de conseil, et assouplit quelques standards de prêt pour inclure des emprunteurs avec un historique moins que parfait. Entre 1993 et 1994, les prêts de la compagnie aux emprunteurs afro-américains augmenta de 325% et aux hispaniques de 163%. En 1994, Countrywide devint la première banque à signer un accord de prêts « équitable » avec le ministère du logement. « Countrywide, qui était retardataire dans les prêts accordés aux minorités, passa en tête » dit Gnaizda. « Je me rappelle Mozilo me disant, « Je ne veux pas réduire l’écart dans les prêts aux minorités, je veux l’éliminer. »

En fin de compte, les subprimes étaient devenues trop attractives pour que Countrywide fasse l’impasse. En septembre 1996, elle créa une nouvelle subdivision pour ces prêts, appelée Full Spectrum Lending. Si les prêts n’étaient pas performants, l’image de Countrywide ne serait pas ternie. « C’était une entrée prudente, considérée de près par ceux qui étaient à la tête de la compagnie », rappela un ancien cadre supérieur. « Nous nous assîmes et nous demandâmes chacun, « Feriez-vous ce prêt avec votre propre argent ? » Pour contrebalancer le risque posé par les subprimes, la compagnie demanda aux emprunteurs un substantiel apport, allant de 15 à 35%.

Au début 1998, Full Spectrum avait trente bureaux dans dix-sept Etats, et les subprimes représentaient environ 6% des prêts hypothécaires de Countrywide. Michael McMahon, un investisseur privé et un ancien analyste du marché des actions qui a suivi Countrywide pendant plus de vingt ans, rappela «Angelo disait qu’il croyait qu’avec le temps l’industrie des prêts hypothécaires ne ferait plus de ségrégation entre prime et subprime. » Il y avait une grande variété d’emprunteurs, mais ils avaient, avec raison, besoin d’être servis. Aussi pourquoi ne pas leur accorder un prêt et les charger avec un taux plus élevé ? Il voulait avoir un produit qui serve tout le monde. »

D’une certaine façon, Countrywide semblait se rapprocher des grandes compagnies dont Mozilo avait méprisé les méthodes. Il avait souvent tourné en ridicule ses compétiteurs qui comptaient sur les gens payés à la commission, qu’il comparait à des « charcutiers de prêts » ; il s’en était dispensé dans les années soixante-dix, en partie parce qu’il craignait qu’une personne payée à la commission puisse dire ou faire n’importe quoi pour avoir une vente. Mais comme les grandes banques, y compris Chase et Wells Fargo, accroissaient leurs opérations de prêts hypothécaires, Joe Anderson, le chef de la division des prêts au détail de Countrywide, conclut que les opérations des petits bureaux de la compagnie étaient trop limitées. Il proposa de recréer l’usage des employés payés à la commission.

Anderson savait que contester Mozilo était une dangereuse proposition. En 1994, Mozilo avait instruit ses managers de baisser les coûts, et Anderson avait écrit un mémorandum suggérant que plusieurs bureaux soient fermés. Mozilo l’avait convoqué à son conseil d’administration, où il avait déroulé le mémorandum et, le brandissant, avait admonesté Anderson, disant que fermer un bureau était une reconnaissance publique de faiblesse. Puis il quitta la pièce, disant à Anderson de l’attendre ici. Les heures passèrent. Finalement, Anderson apprit que Mozilo avait quitté l’immeuble.

Pire, avec la bénédiction de Stanford Kurland, le président de Countrywide, Anderson commença à réinstaller une équipe de vendeurs à la commission. Observant cet effort, Mozilo demanda à Anderson, « Est-ce une révolution ou une évolution ? », mais il se rangea derrière cette idée. « Angelo était un gars réactif », rappela un ancien cadre de Countrywide. « Il me disait d’aller me faire baiser, mais il revenait un jour plus tard et me disait, tu sais, tu as raison, j’ai tort. J’ai décidé que nous ferions comme tu l’entends. »

En 2000, Loeb avait soixante-seize ans et il était atteint de neuropathie. Mozilo était fatigué d’attendre de prendre les rênes du pouvoir, selon un employé, et lui et Loeb se querellaient. Un jour, Loeb, sans en référer au conseil d’administration de Countrywide, vendit toutes ses actions de la compagnie et donna sa démission. Mozilo et Loeb ne se parlèrent plus jusqu’en juillet 2003. Loeb était en train de mourir, et Mozilo alla le voir. Il dit plus tard à des amis que Loeb lui avait dit qu’il était fier de lui – une chose qu’il n’avait jamais dite en quarante ans qu’ils avaient travaillé ensemble.

En 2004, Countrywide était devenu le leader des prêts hypothécaires sur le marché américain de ce qui fut appelé « le marché des communautés multiculturelles. » Mozilo décrivait toujours l’inclusion des minorités et des populations immigrées à la fois comme un business et une mission, et il était devenu peut être l’avocat le plus important de ceux qui croyaient que l’accession à la propriété était un moyen de parvenir à une société plus équitable. En février 2003, quand il reçut le prestigieux prix Dunlop décerné par le comité pour le logement de l’université de Harvard, il dit : « L’écart entre les faibles revenus et le droit d’accession à la propriété des minorités, et ce qui est classifié comme le droit de propriété des Blancs, demeure de façon intolérable trop grand. » Mais il avait aussi une vision plus pragmatique : les propriétaires issus des minorités étaient le groupe avec la plus forte demande de prêts et la clé de gagner des parts de marché. Mozilo fit le point succintement : « Quand vous avez presque 80% de propriétaires blancs, il n’y a pas beaucoup d’opportunités de ce côté-ci. Quand vous avez 47% des Hispaniques qui sont propriétaires de leur logement, c’est là que vous avez une opportunité. »

Pour Mozilo, la part de marché était devenue un impératif. En 2002, lui et ses cadres dirigeants tinrent une série de réunions stratégiques avec Eric Flamholtz, un professeur de business de l’université U.C.L.A qui avait travaillé pour la compagnie en tant que consultant depuis la fin des années quatre-vingt dix. Flamholtz donna à l’équipe de Mozilo le nom de mafia de Northridge – des gars qui étaient, d’apparence, comme leurs patrons. « Ils sont tous sortis de Cal State, Northridge et non pas de U.C.L.A ou de U.S.C » dit-il. « Et leur attitude était : Nous allons leur montrer ! » Ils étaient très intelligents, très compétitifs, très durs. » Au cours de ces réunions, Mozilo et ses cadres se plaignirent que l’action de Countrywide ne reflétait pas ses gros bénéfices. Flamholtz leur dit que s’ils accroissaient leur part du marché, les analystes augmenteraient leurs recommandations de l’action. Il argua que la plupart des industries évoluent en classiques oligopoles, avec une compagnie commandant plus de 40% du marché, une seconde contrôlant plus de 20%, et une troisième 10%, et le reste n’étant que des boutiques. Cette année-là, Countrywide avait presque 10% du marché, et personne dans l’industrie n’avait plus de 13%. Mozilo aimait l’idée. « Vous avez besoin de faire de la poussière ou d’avaler la poussière, et je n’aime pas mordre la poussière » aimait-il dire. Au cours des réunions suivantes, le comité exécutif se fixa l’objectif d’atteindre 30% du marché en cinq ans.

Mozilo et quelques-uns uns de ses cadres croyaient qu’ils étaient entrés dans une ère nouvelle, dans laquelle les directives devenaient obsolètes. En 2001, la Fed commença à réduire drastiquement ses taux d’intérêt, les amenant à leur point le plus bas depuis quarante ans et alimentant une bulle, plus particulièrement pour les prêts immobiliers. Et Countrywide avait un marché à Wall Street pour son énorme volume de prêts. Elle supplanta Fannie Mae. « Nous ne pouvons franchement produire autant pour satisfaire le marché », commenta Mozilo en avril 2003.

Quelques mois plus tard, au cours d’une conférence pour discuter des bénéfices de la société, un analyste demanda à Mozilo s’il pensait que Countrywide pouvait accroître sa part de marché. Mozilo répondit qu’il croyait que 30% était un objectif réalisable. En septembre, lors d’une conférence organisée par Lehman Brothers, il déclara : « Pour nous atteindre ce que nous voulons, dominer le marché, nous avons besoin d’un minimum de 30% du marché. Nous sommes à mi-chemin à la fin de cette année et nous espérons devenir le premier d’ici 2008. Je pense qu’il faudra atteindre entre 35 et 40% du marché pour réaliser cet objectif. »

« Angelo avait dévoilé ses plans. Il avait placé la barre à 30% » me dit Flamholtz, de façon défensive. « Les gens à Countrywide étaient vraiment en colère. Ils disaient : «personne n’a réalisé cela. Pourquoi l’avez-vous annoncé ? Mais ça c’était Angelo. J’avais dit qu’il ne devait annoncer qu’un objectif inférieur de 20% à ses prétentions. Après son annonce, il n’y avait plus de marge possible. Cela créait une forte pression, une fois qu’il l’avait déclaré publiquement. C’était 'Nous devons y parvenir !' »

David Sambol, un homme aux traits fins et à la chevelure noire avec un regard perçant, était le lieutenant de Mozilo dans son projet d’expansion. Il avait joint Countrywide en 1985 et il était devenu le chef de la production en 2000, quand il avait quarante ans. Beaucoup de collègues de Sambol étaient impressionnés par son intellect et sa connaissance des prêts, et il était intimidant par son agressivité. « Si j’avais une équipe de vendeurs et voulais frapper fort, j’aurais recruté David Sambol – aussi longtemps qu’il avait une claire conscience des règles à respecter », m’a dit un employé. « Il est très talentueux. Extrêmement intelligent, opiniâtre, c’est un négociateur sans répit et déterminé à faire gagner beaucoup d’argent. » Le zèle de Sambol à atteindre la part de marché semblait se concilier avec l’objectif fixé par Mozilo. « C’était comme jeter de l’essence sur le feu », dit un ancien collègue de Sambol.

Sambol disait souvent : « Etablissez un prix pour n’importe quel prêt ! » Si le prêt était risqué, l’emprunteur devait simplement payer davantage, selon les critères élargis de Countrywide. Nick Krsnich, le chef d’investissements de la compagnie, était un critique sans détour de la politique de Sambol d’arriver à la part de marché à n’importe quel coût. Comme Countrywide élargit ses critères d’éligibilité, à cause de l’intensité de la compétition avec les autres prêteurs, Krsnich argua que la compagnie n’était pas suffisamment armée pour faire face aux risques qu’elle prenait. Lors des réunions du comité exécutif, Krsnich s’attaquait à l’objectif de 30% du marché. Pourquoi, demandait-il, était-il si important de dominer tous les autres prêteurs du marché ? Qu’avaient-ils à prouver ?

A la fin de l’année 2003, Sambol tint une réunion avec une douzaine de cadres, la plupart de la division de la production, pour discuter du rétrécissement de l’écart entre les produits de Countrywide et des autres compétiteurs. Il invita à Krsnich à y participer. Selon plusieurs anciens dirigeants, Krsnich devint frustré, pensant que Sambol outrepassait son autorité. Leur échange devint houleux. Finalement, Krsnich dit : « C’est de la foutaise ! » et il quitta la salle. Sambol alla voir Kurland, le président de la compagnie, et lui demanda de virer Krsnich ; Kurland refusa.

En 2004, Krsnich, un étudiant des cycles économiques, disait à ses collègues que la compagnie devait se préparer à un possible effondrement du marché hypothécaire. La qualité des emprunteurs déclinait, ainsi que les premiums qui étaient payés par les emprunteurs. Comme la valeur des maisons continuait à croître, les propriétaires pouvaient refinancer leurs prêts ou retirer de l’argent de leur portefeuille d’actions immobilières. Quelques uns refinancèrent plusieurs fois par an, en retirant de l’argent de leur portefeuille pour honorer le paiement de leur prêt, ou pour payer d’autres dettes. Les investisseurs, pendant ce temps, payaient plus pour les actions de prêts hypothécaires et les C.D.O que ce qui était garanti, parce qu’ils n’avaient pas analysé le risque et s’étaient reposés sur le triple A des agences de notation. Les agences de notation étaient payées pour leur estimation par les banques qui émettaient les actions de prêts hypothécaires, et l’entier montage financier était bâti sur la présomption que le prix de l’immobilier allait continuer à grimper. Quelques analystes en dehors de Countrywide avertissaient qu’une bulle immobilière était en train de se former, mais Mozilo n’en était pas persuadé. « Je ne crois pas qu’il y ait une bulle », déclara-t-il en juin 2004.

Entre 2004 et 2005, le prix de l’immobilier continua à croître, conduit en partie par un accès sans précédent au financement. Quelques prêts de Countrywide étaient considérés comme des produits « abordables », qui permettaient aux emprunteurs d’acheter des maisons qui ne leur seraient pas accessibles en temps normal. « L’option de paiement » des prêts à taux variables était juste ce qu’elle était : un emprunteur avait l’option de payer à un taux très faible au départ, mais toutes ces échéances devaient être honorées plus tard lorsque le taux était ajusté, conduisant à un « paiement de choc » après quatre années de sursis. Beaucoup de ces prêts ne requéraient aucune enquête, induisant que les emprunteurs pouvaient simplement établir leur revenu, sans fournir de preuves. Quelques prêts étaient supposés être offerts seulement aux emprunteurs ayant la meilleure signature, mais souvent les scores de crédit étaient gonflés parce que les gens n’avaient pas fait défaut sur leurs cartes de crédit ou sur une autre dette en refinançant leur prêt hypothécaire. Et la compagnie émettait des subprimes sans apport de 20%, comme c’était le cas dans les années quatre-vingt dix, mais avec 0% d’apport, les emprunteurs de subprimes tiraient ce que l’on appelait les prêts « 80/20 », un premier prêt pour une valeur de 80% de la valeur de la maison, et un second pour 20%. « Nous avions atteint un point où la question était : Qu’allons-nous faire ensuite ? Payer les emprunteurs pour qu’ils prennent un prêt ? dit un ancien dirigeant de Countrywide.

Sambol disait souvent que Countrywide devait être « le supermarché des produits », offrant n’importe quel produit à n’importe quelle condition qu’un compétiteur faisait à ses clients. « C’était presque religieux avec lui », dit Mozilo de lui en mars 2006. « Il croyait fermement que nous étions capables d’offrir un produit compétitif pour chaque type de financement hypothécaire qui est disponible dans le monde. » Pas tout le monde dans la compagnie était d’accord avec lui. Comme la plainte de la S.E.C le note, John McMurray, le chef d’évaluation des risques de Countrywide, avertit à plusieurs reprises en 2005 et en 2006 que la qualité d’émission de prêts de la compagnie était compromise par ces tentatives d’égaler les vendeurs de prêts les plus agressifs.

Mozilo considéra que l’équipe de vendeurs était la clé pour atteindre la part de marché, et elle devint très puissante. Stationnés à travers le pays, les vendeurs regardaient les produits et les prix offerts par les autres prêteurs, et notifiaient à leurs supérieurs qu’ils avaient besoin d’offrir les mêmes produits. Les subprimes étaient particulièrement lucratives pour Countrywide, parce Wall Street voulait les plus risquées, les prêts offrant les meilleurs rendements, et les vendeurs percevaient de plus grosses commissions pour les mettre sur le marché. Il n’y avait aucun plafond pour ces commissions, et beaucoup de vendeurs gagnaient des millions de dollars par an. Selon un ancien cadre de Countrywide, des emprunteurs qui auraient pu obtenir des primes, étaient reversés dans les plus chers subprimes. Devant rendre compte à la puissante force de vente, « la tactique de donner n’importe quel prix pour un prêt, l’affaiblissement des règles de conduite, et la dangerosité des produits », dit un autre ancien dirigeant, « était la conséquence logique d’atteindre une part de marché de 30%. »

Stan Kurland devait succéder à Mozilo quand il était supposé prendre sa retraite en décembre 2006, un plan qui avait été approuvé par le conseil d’administration de Countrywide. « J’appelais Stan l’arme secrète de Countrywide », m’a dit Flamholtz, le consultant de U.C.L.A. «C’est un gars discret, mais il était le cerveau derrière tant de choses. Du triumvirat – Angelo, Stan et Dave Sambol – Stant était vraiment le stratège visionnaire. »

Comme Mozilo, Kurland attendait depuis longtemps de prendre le contrôle de la société. Mais alors que son ascension était réalisée, son influence diminua. Au début de 2005, avec les intérêts augmentant régulièrement, Kurland envoya un mémorandum aux cadres dirigeants, disant que le boom était terminé, et qu’il était temps que la compagnie resserre les critères et planifie une réduction du volume. Les gains de parts de marché de Countrywide avaient ralenti – sa part était de 14.2% - et la compagnie devait annoncer qu’elle ne parviendrait pas à son objectif de 30% en 2008, comme prévu, mais plutôt en 2010 ou 2011. Son mémorandum fut ignoré.

Kurland avait été un partisan de Sambol pendant tant d’années, mais, maintenant, il se sentait menacé par l’intimité de Sambol avec Mozilo et par son ambition féroce. Les deux hommes étaient très différents. Kurland était doux et analytique, avec une attitude laconique qui masquait de fortes émotions. Sambol était arrogant, lunatique et sans complexes. Ils n’étaient pas d’accord sur les relations que la compagnie devait avoir les autorités de régulation, la Federal Reserve et l’Office of the Comptroller of the Currency. Selon d’anciens collègues, Sambol n’aimait pas les intrusions des régulateurs, tandis que Kurland accordait un grand crédit à leur travail. Mozilo, pour sa part, appelait certaines préoccupations des régulateurs « beaucoup de bruit pour rien ». Il décida que Countrywide devait essayer de changer de régulateurs, laissant la Fed et l’O.C.C pour le plus faible Office of Thrift Supervision (O.T.S) Comme Mozilo l’expliqua, «la conversion en caisse d’épargne alignait mieux la supervision de la compagnie avec nos objectifs stratégiques. » Sambol endossa l’idée, que Kurland décria comme un « shopping de régulateur. »

Dans le système en vigueur, les banques peuvent choisir leurs propres régulateurs, qui, à leur tour, sont payés par les honoraires que les banques leur versent. O.T.S avait fait pression sur Countrywide pour changer de régulateur. (La semaine dernière, l’administration Obama a proposé plusieurs réformes des régulateurs, dont l’élimination du O.T.S, qui n’a pas prévenu la faillite de nombreuses institutions sous son égide – incluant Countrywide, IndyMac et Washington Mutual) Selon l’avocat de Sambol, un contrôleur de la Fed avait suggéré que la compagnie serait mieux placée sous la tutelle de O.T.S. L’avocat ajouta « Le consensus de basculer sur O.T.S n’était pas basée sur la présomption que O.T.S serait un régulateur plus permissif. »

En octobre 2005, les craintes de Kurland furent confirmées. Une histoire dans National Mortgage News raconta que le successeur potentiel de Mozilo était soit Kurland ou Sambol, et que Mozilo « a confiance dans les deux dirigeants. » « Le coureur en tête de la course était toujours Stan, et le cavalier noir Dave Sambol » m’a dit l’ancien analyste d’actions McMahon. « Il était très agressif et plus proche d’Angelo que ne l’était Stan. » Il ajouta « Comme Countrywide fut happée par la vague, la seule personne qui avait une voix plus forte pour tenir la barre de la compagnie était Sambol. »

Environ six semaines plus tard, Kurland envoya un memo rempli d’émotions. Selon le contrat de Mozilo, bien qu’il devait se retirer en 2006 en tant que président directeur général, il resterait chairman de la compagnie jusqu’en 2011. Kurland dit qu’il ne pouvait accepter cet arrangement, et que lorsque Mozilo se retirerait de son poste, il devait lui laisser assumer une pleine responsabilité des opérations. Mozilo ne pouvait se maintenir à son poste et il ne pouvait non plus demeurer son porte-parole. Peu après, Mozilo et Kurland eurent une confrontation très dure. Mozilo transmit le message de Kurland au conseil d’administration. « Stan ne sut rester discret et utiliser les talents qu’il avait à l’égard d’un cofondateur de la compagnie depuis quarante-un ans, le fils d’un boucher italien qui avait les épaules solides » dit un employé. « Stan était très maladroit dans la manière dont il s’y était pris – et cela incita Angelo à ne pas partir. » Il ajouta que le plan de Mozilo de se retirer s’était produit lorsqu’il ne se sentait pas bien ; maintenant il se sentait mieux et il voulait rester. « Mozilo et Kurland restèrent neuf mois sans se parler », ajouta l’initié. « C’est la chose la plus stupide au monde, lorsque vous avez les deux dirigeants au sommet de la hiérarchie qui ne se parlent pas. Cela leur fut rappelé à tous les deux en maintes occasions. »

Nick Krsnich, pendant ce temps, avait décidé de quitter la compagnie. En mars 2006, il alla dire au revoir à Mozilo. Selon un copain de Krsnich, Mozilo lui demanda ce qu’il ferait, à sa place, pour la succession. Krsnich croyait que Kurland avait échoué dans ses responsabilités de président, en se montrant incapable de contenir Sambol. Néanmoins, Krsnich dit à Mozilo que si le choix était entre Kurland et Sambol, il choisirait sans hésitation Kurland.

Au début de septembre 2006, la compagnie annonça que Sambol remplacerait Kurland, que Mozilo resterait chairman et président directeur général jusqu’en 2009 et que Kurland devait partir. Kurland quitta la compagnie pour laquelle il avait travaillé pendant vingt-sept ans, sans même envoyer un message électronique aux employés. (L’année dernière, avec plusieurs autres cadres de Countrywide, il démarra une nouvelle société, PennyMac, qui achète et vend des prêts en détresse. Beaucoup de gens furent outragés que quelqu’un ayant participé à la débâcle des prêts, était maintenant en train de jouer les charognards)

Mozila devait négocier un nouveau contrat et il s’attacha à obtenir son dû. Selon un rapport du comité de surveillance, lorsqu’un expert en compensation critiqua les aspects du contrat de Mozilo, ce dernier poussa la compagnie à louer les services d’un autre expert. En 2005, la compensation totale de Mozilo était évaluée à plus de cent quarante millions de dollars, faisant de lui l’un des chefs d’entreprise les mieux payés. Lors d’une réunion des actionnaires en juin 2006, un participant objecta les bonus, les commissions et les stock-options que Countrywide avait octroyés à Mozilo et à d’autres dirigeants. Mozilo répondit que de telles plaintes étaient « obscènes, ridicules et absurdes. »

Selon un initié de la compagnie, durant les premières années d’activité de Countrywide, Mozilo avait dû vendre ses actions pour aider la compagnie et il était resté avec à peine 1% du capital. « Une majorité des fondateurs de la compagnie qu’il tapait sur l’épaule, détenaient entre 10 et 20% des actions qui valaient plusieurs milliards de dollars », dit cet initié. Angelo pensait toujours qu’il n’avait pas eu assez d’actions de la société qu’il avait fondée et bâtie. Aussi était-il intransigeant pour la compensation qu’il attendait. Dans ses négociations de contrat à l’automne 2006, Mozilo se battit pour garder sa compensation et ses commissions, mais il dût faire des concessions en fin de compte. Comme il l’expliqua à un consultant, « A ce stade de ma vie à Countrywide, la raison n’est plus l’argent mais davantage le respect et la reconnaissance pour mes accomplissements. » Les conseils d’administration ont subi une énorme pression de la part de la gauche anti-business, des envieux chefs syndicalistes et d’autres observateurs appelés « C.E.O Comp Watchers. »

Au début de 2007, les défauts de subprimes montaient rapidement. Mozilo disait que les subprimes ne représentaient qu’une petite fraction du business de Countrywide. Mais sa compagnie était toujours l’une des plus grandes émettrices de subprimes. Il apparaissait confiant, toutefois, que Countrywide sortirait plus fort de la crise, comme il l’avait été des précédentes, tandis que les prêteurs plus faibles tomberaient. En attendant, il décida qu’il était important que Countrywide accroisse ses efforts pour se diversifier. Il était intéressé de mener d’autres opérations, tels que les marchés de capitaux. Il approcha Jimmy Dunne III, le président d’une petite banque d’investissement de Wall Street, Sandle O’Neill & Partners.

Les deux firmes étaient un drôle de couple. Dunne était largement reconnue pour son aversion au risque. Après avoir souffert des pertes dévastatrices à ses bureaux du World Trade Center le 11 septembre, Dunne reconstruisit la compagnie, et, en décembre 2001, elle était à nouveau profitable. Elle ne publia jamais les énormes profits que beaucoup de firmes cotées à Wall Street avaient eu pendant les années de boom, mais quelques firmes avaient disparu tandis que la privée Sandler O’Neill demeurait solide. « Les gens confondent levier et performance », m’a dit Dunne. « Ici, notre attitude est la même que celle de la Légion étrangère française : prépare-toi au pire, et espère le meilleur. »

Dunne étudia les résultats financiers de Countrywide, et conclut qu’il n’était pas à l’aise avec son modèle financier et son approche du risque. En février 2007, il rencontra Mozilo, Sambol et Ranjit Kripalani, le chef des marchés de capitaux de Countrywide. « Ces gars étaient de vrais croyants », dit Dunne. « J’étais effrayé de ça. Quel était le doute qu’il éprouvait ? » Il pensait que Mozilo était le plus conservateur des chefs d’entreprise qu’il avait rencontrés, et il dit à Sambol qu’il acceptait le marché à condition qu’il en réfère à Mozilo. Sambol rejeta l’idée, et Dunne interrompit les pourparlers.

Ce qui rendit Dunne et son équipe inconfortable était le volume et la qualité des prêts de Countrywide. Kurland, policé par Loeb, avait cru que Countrywide ne devait faire que des prêts qu’il pouvait vendre rapidement, mais Sambol argua qu’une telle politique était dépassée. Alors que d’autres prêteurs de subprimes faisaient faillite, Countrywide commença à amasser un volume croissant de prêts, mais beaucoup entrèrent dans les comptes. Aussi tard que juillet 2007, Countrywide amassait des milliards de dollars de prêts qu’un analyste estimait qu’ils n’étaient revendables qu’à perte.

Un mois plus tard, les acheteurs de Wall Street abandonnèrent la plupart des mortgage-backed securities, et l’effondrement du marché hypothécaire, envisagé par Krsnich, se produisait. Mozilo s’envola à New York où il plaida avec les dirigeants de J.P.Morgan Chase, Bank of New York, et d’autres créditeurs de Countrywide de continuer à financer sa dette à court terme, connu en tant que papier commercial, que la compagnie comptait dessus pour financer beaucoup de ses prêts ; ils refusèrent. Countrywide emprunta 11.5 milliards de dollars à travers des lignes de crédit préétablies auprès de quarante banques, et le 22 août, Bank of America acquit une position de deux milliards de dollars dans Countrywide.

En décembre, le conseil d’administration envisagea la vente de la compagnie et retint Jimmy Dunne pour le conseiller. « Je me rappelle lorsque j’étais dans le bureau d’Angelo, » dit Dunne. « Il me dit, tout le monde regarde l’histoire pour interpréter le présent et prédire le futur. C’est une chose à laquelle je n’avais jamais pensé il y a trois mois. » Dunne ajouta, « Il pensait que la crise était plus profonde et plus précoce que son équipe ne l’avait envisagée. »

Eric Sieracki, le chef comptable, approcha les directeurs pour leur évoquer les conditions d’un « scenario de base », d’un « stress scenario » et d’un «severe scenario », comme s’il n’était pas évident que le scenario de Countrywide était sévère. Bank of America était le seul acheteur potentiel, et il était prêt à payer quatre milliards de dollars pour acquérir plus de mille bureaux de Countrywide et un portefeuille de prêts hypothécaires d’environ 1.5 trillions de dollars. Sieracki se cabra au prix proposé, et pointa que Golden West, un grand fonds californien avait été racheté en mai 2006, non loin du sommet du marché, à près de vingt-six milliards de dollars. Mais Mozilo était déterminé à vendre.

Le 11 janvier 2008, Bank of America annonça qu’elle s’apprêtait à acheter Countrywide pour quatre milliards de dollars en actions – un sixième de la valeur boursière de l’action avant le début de la crise. Et en milieu d’année, quand Bank of America acquit Countrywide, Sambol et Mozilo quittèrent la compagnie.

Une année auparavant, en juillet 2007, quand il parut évident que les problèmes du marché hypothécaire étaient très étendus – affectant aussi bien les subprime que les prime loans – un analyste demanda à Mozilo, lors d’une conférence, si avec le recul, il aurait agi différemment, à commencer par 2005 et 2006. Mozilo répondit qu’il l’aurait fait, théoriquement, mais, il ajouta, « Nos volumes, notre place dans l’industrie, aurait changé dramatiquement, parce que nous aurions arbitrairement pris une décision qui était contraire à tout ce qui apparaissait être… Cela aurait été avec le recul, je pense, la décision que seul un esprit supérieur pouvait prendre. » Toutefois, il poursuivit, « Je me demande tout le temps quand j’étais directeur…Qu’aurais-je dû savoir et si je l’avais su, ce que j’aurais pu faire ? »

Le mois suivant, le marché s’effondra, et les vrais dommages commencèrent à se multiplier. Depuis, Mozilo a beaucoup de temps pour se livrer à l’introspection. De manière non surprenante, il pense que toutes les routes de l’implosion du système financier mondial conduisent à sa porte. Comme le professeur d’économie Nouriel Roubini l’écrivit en début d’année, dans Foreign Policy, « les excès de crédit qui provoquèrent le désastre, étaient globaux. Il y avait beaucoup de bulles, et elles s’étendaient au-delà de l’immobilier dans beaucoup de pays au marché immobilier professionnel, aux cartes de crédit, aux prêts d’achat de voitures et aux prêts aux étudiants. Il y avait aussi des bulles pour les produits dérivés qui convertissaient ces prêts hypothécaires en instruments financiers destructeurs et toxiques. Et il y avait encore des bulles dans les dettes de gouvernement, dans les opérations de levier, les hedge funds, les prêts commerciaux et industriels, les bons des entreprises, les matières premières et les credit default swaps… Prises ensemble, elles représentaient la plus grande dette de l’histoire de l’humanité. »

Néanmoins, probablement en raison des problèmes de prêts hypothécaires qui ont affligé tant de gens, Countrywide et son directeur sont devenus une fixation de l’opinion publique. Et le tape-à-l’œil de Mozilo et sa personnalité réactive en ont fait une caricature facile. En mai 2008, quand il était encore chairman de Countrywide, en attendant l’acquisition par Bank of America, il reçut un message électronique d’un emprunteur, Daniel Bailey fils, qui plaidait une aide pour modifier son ajustement de crédit variable. Le langage de Bailey avait été emprunté à un site, Loansafe.org, qui conseille les emprunteurs qui sont en difficulté. Mozilo pensa transmettre sa réponse à un dirigeant de Countrywide mais il appuya par erreur la touche « réponse ». « C’est incroyable, » écrivit-il. « La plupart de ces lettres ont le même langage. De manière évidente, ces personnes sont conseillées par la même personne ou par internet. Ecœurant ! » Bailey mit en ligne la réponse de Mozilo sur le site de Loansafe, et cela provoqua une tempête sur la toile. « Angelo était un « serial e-mailer », jour et nuit, nota un initié. « Il écrit comme il parle – crûment. »

Les messages de Mozilo sont au cœur de la plainte de la S.E.C. Si la plainte est instruite, il aura à expliquer pourquoi ses messages à d’autres chefs d’entreprise variaient tant de ses déclarations publiques à propos de la qualité des prêts de Countrywide. Selon une plainte, Mozilo faisait l’éloge des « pay option » le 31 mai 2006, les qualifiant « de bon investissement pour notre banque et de bon instrument financier pour les consommateurs. » Le jour suivant, il envoya un message à Sambol pour exprimer ses soucis que les emprunteurs trafiquaient leurs revenus déclarés, et qu’un grand nombre de défauts de paiement pourrait s’ensuivre.

Plusieurs anciens dirigeants de Countrywide m’on dit que Mozilo avait laissé à d’autres la conduite quotidienne des opérations. Il était devenu l’ambassadeur de Countrywide, apparaissant à des conférences financières et à CNBC. Un grand nombre de ses messages indique qu’il était déconcerté par la façon dont la société opérait. Dans le premier trimestre 2006, H.S.B.C, qui avait acheté des 80/20 de Countrywide, allégua que certains faisaient défaut. La banque anglaise força Countrywide à les reprendre. Cela attira l’attention de Mozilo. Le 28 mars 2006, dans un message à Sambol et à d’autres, il donna l’instruction de réaliser une série de mesures correctives, disant que le prêt 80/20 est « le plus dangereux produit en existence, qu’il n’y a rien de plus toxique et que cela requiert de ne plus dévier des directives permises.» Le 13 avril, Mozilo, dans un message à Sambol, Sieracki et d’autres, toujours à propos de la situation avec H.S.B.C., écrivit que les prêts avaient été créés « à travers nos canaux au mépris des directives érigées. » Il poursuivit, «Dans ma conversation avec Sambol, il appela les 100% subprime « le saignement à blanc du business. Franchement, je considère que cette ligne de produit est notre poison. »

Mozilo semblait préparé à réduire l’agressivité de Sambol et à imposer des directives plus strictes. Néanmoins, c’était à cette époque qu’il avait pris la décision d’en faire son successeur à la place de Kurland. Et en janvier 2007, dans un message figurant dans la plainte de la S.E.C. McMurray, le chef des risques, écrivit à Sieracki que les directives de crédit à Countrywide étaient « plus larges qu’elles ne l’avaient jamais été. »

Les accusations de délit d’initié sont peut être les plus graves que Mozilo doit affronter. Alors qu’il se préparait à prendre sa retraite, il s’arrangea de vendre des actions à travers ce qui est appelé plan 10b5-1, dans lequel les dirigeants des entreprises doivent donner en avance la date de leur trading, pour les protéger des allégations de délit d’initié. Commençant à la fin 2006, Mozilo fit plusieurs changements à ces plans de trading, pour accroître le nombre de stock-options qu’il pouvait vendre. Selon la plainte de la S.E.C. Mozilo exerça la vente de plus de cinq millions de stock-options et engrangea 140 millions de dollars avec ces ventes. En décembre dernier, Mariana Pfaelzer, un juge qui supervise beaucoup de plaintes à l’encontre de Countrywide, écrivit que Mozilo « avait amendé ces plans si fréquemment durant cette période qu’il avait défait le principe même de ces plans établis. » Ses dernières ventes coïncident avec la montée des défauts de paiement des subprimes. L’avocat de Mozilo affirme que la vente de ces stock-options était parfaitement légale et que les allégations de la S.E.C sont sans fondement. L’avocat de Sambol et celui de Mozilo répètent que l’allégation, disant que les dirigeants de Countrywide savaient qu’il y avait des risques masqués, est fausse. Et ils affirment que la plainte de la S.E.C. repose sur des messages sélectionnés qui ont été sortis de leur contexte.

Mozilo voulait toujours se voir comme procurant des prêts hypothécaires à beaucoup de gens comme lui. « Ils ne sont pas des Blancs issus des classes supérieures et alors ? Disait-il. « Ils sont Hispaniques, et peut être leur argent n’est pas dans une banque, mais ils sont responsables. » Plusieurs années auparavant, à une conférence hivernale à Park City dans l’Utah, après avoir entendu des banquiers dire que les minorités ne méritaient pas de prêt, il déclara : « Le droit de propriété n’est pas un privilège mais un droit ! » Maintenant, il abhorre que cette vue rétrograde ait regagné du crédit. Sur la chaîne de télévision Fox Business, le présentateur Neil Cavuto dit en septembre, « Prêter à des minorités et à des gens à risque est un désastre. » Bien entendu, plus de gens étaient servis par Mozilo, plus grande était la part de marché de Countrywide. Au cours des cinq dernières années, des millions de gens ont reçu un prêt de Countrywide. Beaucoup d’entre elles, qui appartenaient à des minorités que Mozilo avait décidé d’assister, furent non pas aidées mais blessées par lui. En octobre, Bank of America promit la modification de plus de huit milliards de dollars de prêts et d’autres aides en faveur des emprunteurs de Countrywide pour résoudre les investigations de prêt prédateur menées par onze Etats fédérés – c’est le plus large accord de l’histoire américaine. Pour Mozilo, qui croyait si fermement à abaisser la barrière de l’accès à la propriété et qui avait comparé ces prêts prédateurs à des requins, il semble que cela soit la pire épitaphe.

samedi 15 août 2009

Les Keynésiens se prennent pour Nostradamus


Ben Bernanke interroge sa boule de cristal à propos de la reconduite de son mandat à la Fed en janvier 2010. Selon un sondage mené auprès d'économistes, il y aurait 71% de chances que le président Obama le reconduise dans ses fonctions.


« Personne ne peut imaginer comment sera le monde de demain, même pour la chose la plus insigne. Chaque chose est constituée de tant d’éléments uniques qui ne peuvent être envisagés. »

Rainer Maria Rilke


L’index Dow Jones Industrial Average (DJIA) a cloturé vendredi 14 août à 9307 points. Il a perdu 63 points ou 0.6% cette semaine. Une peccadille ! Comme la semaine dernière, tout s’est joué dans la dernière séance avec la publication d’une statistique. Etabli conjointement par l’agence Reuters et l’université du Michigan, l’index de confiance des ménages américains est tombé de 66% en juillet à 63% en août alors que le marché attendait 68%. L’annonce par l’ineffable marquise de Bercy, que son pays et son voisin d’Outre-Rhin ont renoué avec la croissance au second trimestre (à peine 0.3%), n’a pas suffi à convaincre le marché américain que les petites locomotives française et allemande allaient tirer les wagons américains de la dépression dans laquelle ils sont embourbés depuis six trimestres consécutifs. La fable du bœuf et de la grenouille de Jean de la Fontaine est un bon résumé de la semaine écoulée.

A force de clamer que la croissance allait repartir demain, les ménages ont fini par se lasser. Entre les prévisions dithyrambiques des Keynésiens et la réalité du marché de l’emploi des deux côtés de l’Atlantique, il y a manifestement un abysse que la propagande ne saurait combler. Abraham Lincoln, le seizième président des Etats-Unis, avait cette excellente formule : « On peut tromper certains tout le monde, on peut tromper tout le monde un certain temps mais on ne peut pas tromper tout le monde tout le temps. » Au vu de la réaction du marché vendredi, il semble que l’on soit parvenu à la troisième assertion. Il était temps !

Suite à mon dernier article « Molex : le mal français », le gouvernement français a paniqué à l’idée que des télévisions américaines puissent couvrir le procès intenté par le sieur Duesburg. Il s’est empressé de nommer un médiateur pour noyer le poisson. De son coté, le juge des référés a rejeté la demande de Molex de la fermeture provisoire de son usine de Villemur-sur-Tarn et ordonné aux représentants du personnel de « faire cesser les entraves à la liberté de travail ». Je m’attendais à ce jugement de Salomon qui renvoie les deux parties dos à dos.

Cette décision va raviver les malentendus transatlantiques. Elle démontre, s’il en est besoin, que les syndicats marxistes sont toujours les maîtres du jeu en France. Les patrons «voyous » n’ont qu’à bien se tenir ! Toutefois, le bras de fer n’est pas terminé car on ne brave pas impunément les Yankees. La moitié des capitaux investis à la bourse de Paris sont détenus par des fonds de pension américains. Ils suivent avec beaucoup d’attention cette affaire rocambolesque de séquestration d’un des leurs par des hurluberlus gaulois. Que peut-il se passer à la bourse de Paris si la plainte du sieur Duesburg n’est pas plaidée devant un tribunal correctionnel ? La nomination d’un médiateur, à l’initiative du gouvernement qui s’est gardé de dépêcher des forces de police lorsque les dirigeants de l’entreprise le pressaient de le faire, ne saurait les satisfaire longtemps.

Sur un plan pratique, afin de ne pas être pris au dépourvu par un éventuel décrochage de la bourse française, je conseille aux investisseurs d’acheter quelques « put », à échéance de six mois, sur le CAC40. A suivre ce feuilleton passionnant de l’été alors que les médias nous racontent qu’il ne se passe jamais rien en France au mois d’août.

Si l’on interroge des économistes sur le futur de l’économie américaine, ils s’accordent sur une reprise imminente de la croissance et que tous les problèmes seront réglés d’ici deux ans. Ces prédictions évoquent des souvenirs déplaisants. L’un des premiers Nostradamus de l’économie moderne fut Morris Livingston dans son essai « Forecasting Postwar Demand »(1). Selon lui, l’accroissement de la population et de la productivité, l’incapacité de la consommation à faire face à cette pléthorique production allait inévitablement entraîner le chômage de millions de gens après la Seconde Guerre mondiale. Impressionné par son livre, le suédois Gunnar Myrdal fut son infatigable avocat en Europe. Contrairement à son antienne, ce n’était pas la déflation mais l’inflation qui guettait la période de l’après-guerre.

Jusqu’au début des années trente, les économistes sérieux ne se hasardaient à faire de prévision sur la comète. Ce n’était pas la conception qu’ils avaient de leur métier. Ils considéraient que le futur de l’économie dépend de relations imprévisibles entre coût et prix et, aussi important que cela, de réactions psychologiques imprévisibles de la part des entrepreneurs et des ménages. Pour eux, la prévision n’était que du charlatanisme, tout comme les prévisions du budget 2009 en France. (2) Le déficit budgétaire réalisé au premier semestre 2009 s’élève à 86.6 milliards d’euros, soit autant que le chiffre pronostiqué, en novembre 2008, pour l’année 2009 entière. A défaut de multiplier les pains en France, on double la dette. On se distingue comme on peut…

La manie de tout prévoir est un avatar du keynésianisme.

C’est une part intégrale de ce qui est décrit pompeusement « la finance fonctionnelle ». Cette panoplie keynésienne repose sur le sacro-saint effet multiplicateur des petits pains (les déficits budgétaires d’aujourd’hui seront les emplois de demain) et sur le principe de l’accélérateur (l’épandage à tort et à travers de l’argent fraîchement imprimé par la Fed à bord d’hélicoptères de cette même institution fédérale) Selon ces Panurges qui scellent nos destinées, une dépression peut être enrayée (il n’y qu’à augmenter les rotations d’hélicoptères de la Fed) et un boom prolongé ad libitum en manipulant le taux d’intérêt directeur et le taux de réescompte.

Si l’on oublie que l’élimination des mauvais investissements réalisés pendant la bulle immobilière est la condition première à une reprise durable de la croissance, alors le futur de l’économie n’apparaît plus comme incertain. Si l’on croît vraiment que les plans de relance vont nous sortir d’affaire, alors les prévisions les plus éloignées deviennent effectivement prévisibles. C’est un krach obligataire des Etats qui nous attend après-demain !

L’erreur basique des Keynésiens

Les économistes pré-keynésiens n’auraient pas été séduits par ces prévisions loufoques de reprise de la croissance que l’on entend tous les jours sur les ondes. L’erreur basique de l’approche keynésienne est la supposée causalité entre les objectifs quantifiés macro-économiques et les décisions micro-économiques des acteurs économiques. Les hommes ne sont pas encore des robots. Dieu soit loué ! On a vu la réaction salutaire des ménages américains de reconstituer leur épargne détruite par le krach boursier et immobilier alors que les cigales leur disent de continuer à vivre au-dessus de leurs moyens.

La décision d’un investissement par un entrepreneur dépend de son optimisme ou de son pessimisme à l’égard du futur, et surtout de sa profitabilité attendue. Les Nostradamus prétendent qu’ils ont un monopole de la clairvoyance. Ils oublient que la principale occupation des entrepreneurs est de prédire la demande future pour ajuster leur production. S’ils sont trop optimistes ou trop pessimistes, ils investissent trop ou trop peu. Ils s’ajustent, en conséquence, en investissant ou en débauchant du personnel. Le marché est le seul repère fiable. C’est lui, qui par tâtonnements incessants, donne un prix d’équilibre qui sert de référence aux acteurs économiques. L’intervention des banques centrales et des Etats fausse ce processus d’ajustement.

Il est tout aussi erroné de croire que les interventions des technocrates et des politiciens soient plus efficaces que celles des chefs d’entreprise. Les patrons sont plus responsables qu’eux. Ils engagent leurs capitaux alors que les autres n’engagent que leur prestige ou leur réélection.

Mais rien n’arrêtera les Nostradamus ! Ils ont inventé la prime à la casse en France qui a été copiée en Amérique (cash for clunkers) pour doper les ventes de voitures neuves. En faisant cela, ils distordent, une fois de plus, le marché. L’argent qu’ils n’ont pas (planche à billet) sert à financer de mauvais investissements. Pourquoi venir en aide à une industrie mature au détriment d’autres qui ont un besoin crucial de capitaux pour se développer ? La réponse tient en un seul mot : la quête de pouvoir absolu sur la société. Derrière un pseudo-argument économique se cache une volonté politique d’une affligeante banalité.

(1) "Forecasting Postwar Demand" par Morris Livingston n'est plus imprimé mais des extraits sont disponibles sur la toile

(2) « Sarkozy ses balivernes et ses fanfaronnades » par Thierry Desjardins aux éditions Fayard. Un ouvrage à lire sans modération pour les quelques vérités passées sous silence par les médias français.

dimanche 9 août 2009

Molex : le mal français



Avec son collègue Lowell Gallaway de l'université de l'Ohio, Richard Vedder est l'auteur d'un livre "Out of Work" qui démolit la thèse néo-keynésienne selon laquelle le New Deal aurait allégé la Grande Dépression.



« Le secret d’être misérable est d’avoir du temps libre pour se poser ce genre de question. La cure est l’occupation. »

George Bernard Shaw



L’index Dow Jones a clôturé vendredi 7 août 2009 à 9370 points. Il a gagné 199 points ou 2% en valeur relative. Ce gain a été réalisé dans la seule séance de vendredi avec la publication des statistiques de l’emploi. 247 000 emplois ont été supprimés en juillet. C’est moins mauvais qu’en début d’année mais cela reste toujours mauvais. Je ne verrai la fin du tunnel que lorsque les créations surpasseront les disparitions d’emploi. A chacun son arithmétique.

La résolution des conflits du travail par la justice française devrait intéresser grandement les télévisions étrangères.

Dans un pays où l’emploi est considéré inaliénable, la fermeture par la société américaine Molex de son usine à Villemur-sur- Tarn est une insulte au modèle marxiste instauré en France en 1945. Dans un article récent (1), j’ai suggéré que l’agence internationale pour les investissements internationaux inclut, dans son droit de réponse à la publication annuelle de l’indice de misère fiscale par le magazine Forbes, la garantie suivante dans les prises d’otages de patrons qui se multiplient.

« Le gouvernement français se porte garant que les cadres étrangers, séquestrés dans une entreprise, seront traités avec dignité jusqu’à ce qu’une issue favorable (renoncement à la délocalisation) soit trouvée au conflit les opposant au personnel de ladite entreprise. »

Cette garantie n’a pas été respectée. Eric Doesburg, un cadre de Molex, a porté plainte après avoir été injurié et molesté par des salariés de l’entreprise. Molex a mis en cause la passivité des autorités françaises, assurant que « la police locale et nationale n’a pas répondu à ses appels répétés. […] Nous sommes indignés par l’attitude des individus impliqués dans les violences et par l’absence de réponse de la police que nous avions appelée à l’aide. »

Dans cette nouvelle épreuve de force, le plus surprenant n’est ni la violence des salariés licenciés, ni la passivité complice des autorités françaises mais qu’une plainte ait été déposée. C’est une première en France ! Les investisseurs étrangers attendent avec beaucoup d’intérêt le sort qui sera réservé à cette plainte. Sera-t-elle ou non classée ? Si, d’aventure, le parquet lui donne une suite, débouchera-t-elle sur une condamnation des agresseurs de monsieur Doesburg?

La séquestration est régie par l’article 224-1 du code pénal.

« Le fait, sans ordre des autorités constituées et hors les cas prévus par la loi, d'arrêter, d'enlever, de détenir ou de séquestrer une personne, est puni de vingt ans de réclusion criminelle.
Toutefois, si la personne détenue ou séquestrée est libérée volontairement avant le septième jour accompli depuis celui de son appréhension, la peine est de cinq ans d'emprisonnement et de 500 000 F d'amende, sauf dans les cas prévus par l'article 224-2.
»

Aucune plainte n’a jusqu’à présent été déposée. Y aurait-il eu des pressions sur les personnes séquestrées pour qu’elles renoncent à faire reconnaître devant la justice le préjudice qu’elles ont subi ? Un rappel juridique s’avère nécessaire pour éclairer les esprits. Comment se déclenche une affaire pénale en droit français ? Le déclenchement du traitement judiciaire, c’est-à-dire la mise en mouvement de l’action publique, peut être mis en œuvre soit par le procureur de la République, soit directement par la victime. Les procureurs se sont gardés d’intervenir dans les séquestrations de patrons alors que la loi les invite. Pourquoi ?

Sommes-nous dans une démocratie populaire ou dans une démocratie libérale ?

Cela fait longtemps que la question ne se pose plus. L’Union soviétique a perduré soixante-douze ans (1917-1989) Notre régime antilibéral survit depuis soixante-quatre ans. Parviendra-t-il à surpasser en longévité l’ex Union soviétique? La réponse tient en un seul mot : la dette. Il tombera lorsqu’il ne pourra plus honorer sa dette vis-à-vis de l’étranger. Compte-tenu de l’emballement de cette dernière, l’hypothèse de huit années supplémentaires est une gageure.

Grâce au courage de monsieur Doesburg, on saura bientôt si la justice française donne raison aux patrons « voyous » ou aux licenciés victimes des «sauvages» délocalisations pour reprendre la dialectique en vigueur. De la condamnation des agresseurs de monsieur Doesburg dépendent les investissements étrangers en France et, par ricochet, les créations d’emploi à la clé dans notre pays. Tout se tient. Quel que soit le jugement de Salomon qui sera rendu dans cette affaire, il ne saurait avoir d’influence sur l’inexorable montée du chômage dans les pays ayant choisi la voie du socialisme.

Petite leçon d’économie aux socialistes

Aux Etats-Unis, les démocrates à la Chambre des Représentants ont fait un grand pas vers le socialisme. Ils s’apprêtent à garantir la sécurité sociale à tous les Américains, à augmenter les impôts des riches et à pénaliser les patrons qui ne fourniront pas d’assurance-maladie à leurs salariés.

Qu’on le veuille ou non, le marché du travail est un marché comme les autres. Obliger les patrons à assurer leurs salariés aura un coût. Il va rendre plus difficile l’embauche. Comme leurs homologues européens, les socialistes américains ne s’intéressent qu’à la partie visible de leur intervention pour se donner une bonne conscience vis-à-vis de l’opinion publique, mais ils se gardent d’envisager l’effet pervers de leur intervention, c’est-à-dire les personnes qui ne pourront plus trouver d’emploi à cause justement de la couverture médicale imposée aux patrons. Frédéric Bastiat (2) disait : «Entre un mauvais et un bon économiste, voici toute la différence: l'un s'en tient à l'effet visible; l'autre tient compte et de l'effet qu'on voit et de ceux qu'il faut prévoir.»

Le prix médian du travail devrait baisser de 10% pour retrouver le chemin du plein emploi

Alors que le chômage augmente inexorablement, les gouvernements d’inspiration socialiste ou keynésienne ne font que l’aggraver. Le prix du travail doit baisser pour que le surplus d’offre de travail soit absorbé par le marché.

Richard Vedder et Lowell Gallaway, deux professeurs de l’université de l’Ohio, arguent que la Grande Dépression a été prolongée significativement en durée et en magnitude par l’impact du New Deal de Franklin Delano Roosevelt. Dans leur livre (3), ils suggèrent que sans la sécurité sociale, le work relief, l’assurance pour le chômage, le salaire minimum et les privilèges accordés par le gouvernement fédéral aux syndicats, le patronat américain aurait employé davantage de salariés. Ils estiment que le taux de chômage qui était de 17.2% pendant le New Deal, aurait pu être abaissé à 6.7%.

Les suppressions massives d’emploi correspondent aux mauvais investissements réalisés pendant la bulle immobilière. Les prix des matières premières, de l’énergie et de l’immobilier ont baissé sensiblement depuis l’éclatement de la bulle. Il n’y a pas de raison que les salaires ne suivent pas cette phase de déflation. Pour revenir le plus rapidement au plein emploi, il faudrait que les salaires baissent d’environ 10%. Dans un marché libre, il n’y pas de chômage qui persiste s’il n’est choisi par les salariés eux-mêmes.



(1) archive du 6 juin 2009 : l’attractivité unique de la France auprès des investisseurs internationaux

(2) Frédéric Bastiat : la leçon « Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas » est disponible sur son site http://bastiat.org

(3) Out of Work: Unemployment and Government in Twentieth-Century-America de Richard Vedder, Lowell Gallaway et Martin Bronfenbrenner; une version gratuite est disponible sur le site de Google pour les lecteurs qui supportent de lire 390 pages sur un écran.

mes livres publiés

  • octobre 2002 Les Déserts du Monde ouvrage collectif sous la direction d'Eve Sivadjian chez Solar et Géo
  • octobre 2003 Les Montagnes du Monde ouvrage collectif sous la direction d'Eve Sivadjian chez Solar et Géo
  • février 2007 Tome I Theodore Roosevelt : l'ascension d'un homme courageux aux éditions Le Manuscrit
  • juin 2008 Tome II Theodore Roosevelt : de Santiago de Cuba à la Maison Blanche aux éditions Le Manuscrit
  • juillet 2008 Tome III Theodore Roosevelt : la présidence impériale aux éditions Le Manuscrit
  • décembre 2011 Waffle Print Amazon.com